L'«accord» de cessez-le-feu ne fait pas l'unanimité

Vendredi, 98e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Si le processus des négociations indirectes entre Washington et Téhéran n'est pas totalement...

L'«accord» de cessez-le-feu ne fait pas l'unanimité
Hier encore, l'armée iranienne a annoncé une « opération navale » contre des mouvements américains en mer d'Oman. « Nous avons tiré des coups de semonce dans le cadre d'une opération visant à contrer les hostilités navales américaines et le harcèlement de navires commerciaux et de pétroliers », a annoncé l'armée iranienne, ajoutant avoir « contraint les destroyers USS DDG-103 et USS DDG-87 à quitter la mer d'Oman et à se diriger vers l'océan Indien ». Il reste que c'est au Liban où se déroule la véritable escalade militaire, en raison des bombardements israéliens contre les civils, et le maintien des troupes de l'armée sioniste dans plusieurs parties du sud-Liban, alors que sont supposées se dérouler des « négociations de cessez-le-feu ». Des « négociations » directes, entre les autorités libanaises et israéliennes, sous médiation américaine, qui ont finalement abouti, du moins dans cette quatrième étape, à pointer la responsabilité de la résistance à qui on demande de retirer ses combattants et de cesser de combattre l'armée de l'occupant sioniste. Mieux, l'accord annoncé mercredi dans un communiqué du Département d'Etat US évoque « la création de zones pilotes où les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif du territoire, à l'exclusion de tout acteur non étatique », sans évoquer le retrait de l'armée israélienne. Liban : Le Hezbollah rejette l'accord qui n'impose pas le cessez-le-feu à Israël En acceptant et en cosignant un « accord » qui conditionne le cessez-le-feu à « l'arrêt complet des tirs du Hezbollah » et à « l'évacuation de tous ses membres du secteur sud du Litani », les autorités libanaises considèrent que la menace provient du Hezbollah, et non pas d'Israël qui occupe une partie du Liban. Si le rejet par le Hezbollah de cet « accord » était attendu et inévitable, le silence des autorités libanaises devant la poursuite des bombardements est incompréhensible. Etait également attendue la réaction du président du Parlement libanais, Nabih Berri, qui a critiqué un « accord hybride » et « piégé ». « Au lieu de cet accord hybride, nous aurions pu lire quelque chose de positif en introduction si le texte avait inclus un cessez-le-feu inconditionnel sur terre, en mer et dans les airs, sans destruction de tout ce qui existe. Mais il a été piégé par l'ajout d'un cessez-le-feu total du Hezbollah, ainsi que par l'évacuation de tous ses éléments au sud du fleuve Litani », a déclaré, hier, Nabih Berri, critiquant également « la création de zones pilotes » au Sud-Liban ce qui suppose un déplacement de population. Dans une sorte de reformulation des termes de l'accord, Berri affirme qu'il approuverait « le retrait du Hezbollah au sud du fleuve Litani », mais que cela doit être « parallèlement (accompagné) par le retrait des forces d'occupation ». « J'approuve le retrait du Hezbollah au sud du fleuve Litani, parallèlement au retrait israélien des territoires occupés. Le cessez-le-feu doit être total et global, sans aucune condition », a souligné M. Berri. Autres réactions opposées à l'accord libano-israélien La déclaration du Département d'Etat américain a suscité de nombreuses autres réactions hostiles aux termes de l'accord qui impose un cessez-le-feu au Hezbollah et non pas à Israël. L'une d'elle est venue du Mufti Jaafarite, le Cheikh Ahmad Qabalan, qui a estimé que « la solution réside dans un cessez-le-feu et un calendrier de retrait sioniste, et non dans des dispositifs de sécurité qui plongeraient le pays au cœur de la pire guerre civile ». « Le Liban ne peut être laissé à l'abandon, d'autant plus qu'Israël mène une guerre d'expansion territoriale au détriment de la souveraineté du Liban et de la région. La guerre de Trump est identique à celle de Netanyahou, car il s'agit de la guerre menée par Washington et Tel-Aviv, qui s'obstinent à annexer le Moyen-Orient afin de garantir (le contrôle, ndlr) de l'ordre mondial. Les autorités libanaises actuelles en sont conscientes, mais elles se soumettent docilement à Washington, au détriment des intérêts du Liban. Cette situation est inacceptable et aucun arrangement ni programme qui la serve ne saurait être accepté », a ajouté Cheikh Qabalan. De son côté le Congrès Populaire Libanais (CPL - mouvance nationaliste arabe à majorité sunnite) s'interroge, dans un communiqué « comment les autorités libanaises peuvent-elles accepter un accord » qui exige un « cessez-le-feu de la part du Hezbollah, sans aucune indication pour l'ennemi sioniste de s'y engager », et le « déplacement des populations de leurs terres, villages, villes et cités au sud du fleuve Litani » ? « Quant à parler d'un accord de paix avec l'ennemi sioniste, en faisant abstraction de la position de la majorité des Libanais qui rejettent la normalisation, de l'Initiative de paix arabe lors du sommet de Beyrouth et des positions arabes et islamiques, notamment la position saoudienne, il ne s'agit là que d'un vœu pieux que le peuple libanais ne permettra pas de réaliser », ajoute la déclaration du CPL.