Iran-USA: Trump exige de Ryad et de Doha de se joindre aux accords d'Abraham
Cette offensive diplomatique lie directement la normalisation avec Israël aux négociations de désescalade avec Téhéran, provoquant de vives réactions au Moyen-O...

Lundi, 87e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Rien de nouveau sur la conclusion d'un «mémorandum» d'entente entre l'Iran et les Etats-Unis. Dans un flou total, les déclarations «optimistes» sont suivies de près par des proclamations «pessimistes» des deux côtés. «Personne ne peut affirmer qu'un accord entre l'Iran et les États-Unis est imminent», a déclaré hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmail Baghaei, lors de son point de presse hebdomadaire du lundi. « Il est vrai que nous sommes parvenus à des accords sur une grande partie des points abordés avec les États-Unis, mais personne ne peut affirmer que cela signifie que la signature de l'accord est imminente », a-t-il précisé. Concernant le détroit d'Ormuz, Baghaei estime que la situation actuelle est la «conséquence de l'agression militaire perpétrée par les États-Unis et l'entité sioniste contre l'Iran». «Cette voie maritime a été utilisée à mauvais escient pour attaquer un État membre des Nations Unies. C'est pourquoi l'Iran et Oman s'emploient à élaborer un mécanisme efficace de gestion de la navigation dans ce détroit, fondé sur les principes et les règles du droit international». Trump exige des pays du Moyen-Orient de rejoindre les «accords d'Abraham» Dans une longue publication sur sa propre plateforme «Truth Social», le président américain Donald Trump a demandé, dans un ton de donneur d'ordre, à plusieurs pays de la région du Moyen-Orient de souscrire aux «accords d'Abraham». Trump affirme avoir discuté, samedi dernier, avec des dirigeants et de hauts responsables de plusieurs pays, citant l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l'Égypte, la Jordanie et Bahreïn, à qui il a déclaré «qu'après tous les efforts déployés par les États-Unis pour tenter de résoudre ce problème complexe (la crise avec l'Iran, ndlr)», il est «impératif que tous ces pays, au minimum simultanément, signent les accords d'Abraham». Selon lui, les «accords d'Abraham se sont révélés être, pour les pays concernés (les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc, le Soudan et le Kazakhstan), une véritable aubaine financière, économique et sociale, même en cette période de conflit et de guerre». Donald Trump exige une «signature immédiate de l'Arabie saoudite et du Qatar», pour que «tous les autres pays» cités «devraient suivre». Sur un ton menaçant, il ajoute : «S'ils refusent, ils ne devraient pas faire partie de cet accord (avec l'Iran), car cela témoignerait de mauvaises intentions». Hezbollah : «Nous combattrons Israël et ceux qui nous affrontent à ses côtés» Au Liban, le ministère de la Santé a annoncé dimanche que le bilan des victimes des bombardements israéliens a atteint 3151 martyrs et 9571 blessés depuis le 2 mars dernier. L'entité sioniste poursuit ses bombardements meurtriers sur différentes régions du Liban, alors que les autorités libanaises insistent, sous la pression des Américains et de leurs protégés israéliens, pour le désarmement de la résistance, au risque que cette démarche sonne le retour de la guerre civile. Dans un discours télévisé, le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, a affirmé, dimanche, que la résistance libanaise ne cédera pas son armement qui est exclusivement dirigé contre l'ennemi israélien. Pour Naïm Qassem l'actuel gouvernement libanais « criminalise la résistance et multiplie les concessions sans raison valable, uniquement pour satisfaire les ambitions et les exigences de l'ennemi », considérant que l'exécutif, qui «n'a pas le droit d'agir à sa guise», «doit démissionner s'il est incapable de garantir la souveraineté» du pays. Sans détours, le SG du Hezbollah réaffirme la position déjà exprimée auparavant. « Nous affronterons Israël et tous ceux qui nous affrontent à ses côtés avec toute notre force, notre honneur et notre sens du sacrifice, tout comme nous affrontons Israël sans hésitation. » « Nous ne plierons pas, même si le monde entier se retourne contre nous», a souligné Naïm Qassem, ajoutant que « désarmer la résistance revient à démanteler les capacités de défense du Liban, sa force de négociation et son aptitude à protéger ses ressources et son existence même », avertissant que réclamer le désarmement face à « un ennemi expansionniste en état d'agression perpétuelle » est un prélude à «l'anéantissement» du pays. Le chef du Hezbollah insiste : « Nous conserverons nos armes jusqu'à ce que l'État libanais soit en mesure de remplir son devoir de protéger et de préserver le Liban, son peuple et ses ressources ». « Nous demandons la cessation de l'agression, le retrait complet d'Israël, la libération des prisonniers et le retour des familles déplacées. Nous discuterons ensuite de la stratégie de défense » a-t-il conclu.