Iran / Etats-Unis

Entre pourparlers et menaces de reprise de la guerre

Dimanche, 247e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 137e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Entre pourparlers et menaces de reprise de la guerre
Des informations sur de possibles frappes aériennes américano-israéliennes reviennent en force. Selon le Financial Times, les options dont disposent les États-Unis et Israël pour une escalade contre l’Iran s’étendent des campagnes navales à ne tentative de changement de régime. En réponse à ces menaces, un porte-parole des Gardiens de la révolution (CGRI) annonce que les forces armées iraniennes ont identifié de «nouvelles cibles» et «développé une conception opérationnelle pour une nouvelle géographie». Au même moment, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré que des «négociations sont en cours avec le médiateur qatari et progressent», mais qu’aucun «résultat définitif» n’a été atteint pour le moment. «A quoi ressemblerait un autre conflit entre les États-Unis et l’Iran ?» Le Financial Times, citant d’anciens responsables américains, rapporte que les options dont disposent les États-Unis et Israël pour relancer une nouvelle escalade contre l’Iran «s’étendent des campagnes navales à une tentative de changement de régime». Toutefois, ces scénarios comportent le risque de provoquer de fortes représailles iraniennes, et posent le problème, pour les Américains, celui des ressources limitées pour mener une telle campagne. Selon le journal britannique, l’option la plus vaste consisterait en une campagne s’étalant sur plusieurs jours, ciblant le site nucléaire de Fordo (situé dans la montagne), incluant des opérations visant à éliminer des dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique, et pouvant aller jusqu’à frapper des infrastructures civiles telles que des usines, des raffineries de pétrole et des centrales électriques. La crainte, aussi bien pour les Etats-Unis que pour Israël, reste le niveau des stocks de certaines munitions critiques, notamment les missiles intercepteurs utilisés pour contrer les aéronefs et les missiles iraniens. L’option de cibler les raffineries iraniennes s’avère également coûteuse, ajoute le journal. «Cela entraînerait presque certainement une attaque à l’identique contre les infrastructures énergétiques du Golfe, aggravant la crise énergétique mondiale et faisant grimper les prix du carburant», a déclaré une ancienne conseillère principale en matière de sécurité auprès du gouvernement britannique, ajoutant que les États-Unis « n’ont pas d’options réalistes qui priveraient l’Iran de la capacité de lancer des missiles balistiques et des drones ». Gardiens de la révolution : «Parvenir à une dissuasion totale» «Nous avons identifié de nouvelles cibles et développé une conception opérationnelle pour une nouvelle géographie» de la riposte iranienne, a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, le général de brigade Sardar Mohebi, cité par l’agence Tasnim. «Les Gardiens de la révolution ont surveillé de nouvelles cibles et ont inscrit à leur ordre du jour la conception d’opérations pour une nouvelle géographie», a-t-il déclaré, ajoutant que les récentes directives du Guide suprême «ont ouvert un nouveau chapitre de la guerre». «Il n’y a aucune restriction géographique dans la guerre avec l’Amérique, car un vaste champ a été identifié pour nuire à l’ennemi et parvenir à une dissuasion complète», a-t-il ajouté. Il a expliqué que la «dissuasion maximale signifie qu’aucun pays ne sera en mesure de prendre une position politique contre l’Iran, et encore moins de convoiter le territoire du pays». Araghchi : Des consultations sont en cours avec le médiateur qatari «Des consultations sont en cours avec le médiateur qatari, mais aucun résultat définitif n’a encore été atteint», a déclaré hier le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, cité par Al Jazeera. Selon lui, l’aboutissement de ces consultations «dépendra de la réponse que nous recevrons de la partie adverse», ajoutant «qu’aucune rencontre avec la partie américaine» pour le moment. Dans une précédente déclaration, Araghchi a affirmé que Téhéran «étudie attentivement» la lettre du vice-président américain JD Vance, qualifiant de «positive» la «tentative de la partie américaine d’ouvrir la porte au dialogue». Mais, a-t-il ajouté, si l’objectif de Washington dans le message de Vance était «d’attiser les désaccords» entre les décideurs iraniens, «ce serait une nouvelle erreur qui s’ajouterait à ses erreurs précédentes». «Nous déciderons si les négociations seront directes ou indirectes une fois que Washington aura accepté nos conditions», affirme encore le chef de la diplomatie iranienne. Il a également précisé que les médiateurs qataris et pakistanais «ont présenté des propositions concernant le dossier nucléaire, que nous étudions actuellement dans le cadre de la deuxième phase». Les conditions iraniennes concernent : la «fin des hostilités sur tous les fronts, en particulier les attaques israéliennes au Liban», la «levée des (récentes) sanctions imposées par les États-Unis», la «réduction de la présence militaire américaine dans la région», le «rétablissement des dérogations relatives (aux exportations) de pétrole», le «dégel des fonds iraniens, y compris ceux détenus au Qatar», ainsi que la «reconnaissance officielle de la nouvelle voie de navigation dans le détroit d’Ormuz, établie par l’Iran et Oman, et la fermeture de toutes les autres voies».