Iran/Etats-Unis

Discussions techniques indirectes à Doha

Mercredi, 14e jour depuis la signature du Mémorandum d’entente entre l’Iran et les Etats-Unis.

Discussions techniques indirectes à Doha
Téhéran a réaffirmé qu’il ne participera à aucune discussion directe avec Washington avant la mise en œuvre du paragraphe 13 du Mémorandum d’entente signé entre les deux pays. En attendant, des «discussions techniques indirectes sont en cours à Doha», a rapporté hier Reuters, citant une source proche du dossier. Très tard de la soirée de mardi, l’agence de presse iranienne avait rapporté les propos du président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, lors d’une intervention télévisée, que Téhéran «suit de près, avec la participation des médiateurs pakistanais et qataris, la mise en œuvre de l’article 13 du Mémorandum d’entente avec les États-Unis». A noter que le paragraphe 13 de l’accord stipule qu’«après la signature du présent protocole d’accord et sous réserve du début de la mise en œuvre des paragraphes 1, 4, 5, 10 et 11 du présent protocole d’accord, et de la mise en œuvre continue de ces mesures, les États-Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran entameront des négociations concernant l’accord final exclusivement sur les autres paragraphes». Les paragraphes 1, 4, 5, 10 et 11 concernent respectivement : «la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban» ; la levée du «blocus naval (américain)» à l’encontre de l’Iran ; l’engagement iranien d’assurer «le passage gratuit et sécurisé des navires commerciaux entre le golfe Persique et la mer d’Oman, et vice-versa» et les opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz ; des dérogations doivent être accordées par le Département du Trésor américain pour l’exportation de pétrole brut, de produits pétroliers et de dérivés iraniens, ainsi que pour tous les services associés, notamment les opérations bancaires, les assurances, le transport, etc.» ; l’engagement des États-Unis à «rendre pleinement disponibles les fonds et avoirs gelés» appartenant à l’Iran «dès la mise en œuvre du présent protocole d’accord». «Divergences au sein de l’administration américaine» Toujours selon Tasnim, le président du Parlement iranien a fait état de «divergences au sein de l’administration américaine» quant à la gestion des questions liées à la mise en œuvre du Mémorandum d’entente. Qalibaf a souligné que le Secrétaire d’Etat US Marco Rubio «adopte une approche différente de celle de J.D. Vance», le vice-président américain. Selon lui, «lors de sa visite à Bahreïn, Rubio a entrepris des actions visant à saper le Mémorandum d’entente et à inciter les États du Golfe à prendre position sur le détroit d’Ormuz», ajoutant que le Secrétaire d’Etat «œuvre simultanément à la promotion de l’«Accord de Washington », qui vise à promouvoir les Accords d’Abraham et à normaliser les relations entre le Liban et Israël». Néanmoins, le président du Pouvoir législatif iranien a insisté que Téhéran «reste attaché au Mémorandum d’entente et le défend fermement», notamment dans son aspect consacrant «l’indépendance et la souveraineté du Liban». Droits de passage via le détroit d’Ormuz : Une proposition d’un «fonds de contributions volontaires» Le New York Times (NYT) a rapporté, mardi, que l’Iran et Oman «poursuivent leur projet de perception de redevances pour le transit des navires dans le détroit d’Ormuz», et ce «malgré les objections publiques américaines». Citant «un responsable iranien et quatre diplomates au fait du dossier», le journal affirme que «Oman a récemment soumis une proposition formelle aux États-Unis et à d’autres alliés occidentaux, décrivant un plan selon lequel les compagnies maritimes paieraient des redevances pour l’utilisation du détroit». «La proposition omanaise s’inspire en partie des accords en vigueur dans les détroits de Malacca et de Singapour, une voie navigable asiatique où une fondation privée collecte des contributions volontaires pour la sécurité de la navigation, a précisé le diplomate régional», ajoute le NYT. L’article citant le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a révélé la possibilité de mettre en place un tel fonds pour le détroit d’Ormuz. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’étude des solutions possibles aux difficultés de gestion de cette voie maritime suite au récent conflit entre les États-Unis et l’Iran. M. Dominguez affirme avoir discuté avec des responsables omanais de la gestion du détroit d’Ormuz et sur la nécessité de s’appuyer sur les expériences internationales existantes afin de garantir la continuité de la navigation maritime dans le respect du droit international.