Des agents du renseignement marocain parmi les migrants
De nouvelles preuves enfoncent le Makhzen
Les preuves dune implication des autorités marocaines dans lafflux massif de migrants clandestins dans lenclave espagnole Ceuta, décrit par le gouvernement auto...
Les preuves dune implication des autorités marocaines dans lafflux massif de migrants clandestins dans lenclave espagnole Ceuta, décrit par le gouvernement autonome local comme le pire jamais vu dans lenclave, ne laissent aucun espace à toute interprétation incriminant dautres parties comme tentent de le faire croire des explications tardives du Makhzen, qui obscurcissent le tableau plutôt que de léclairer. Dans cette optique, la Garde civile espagnole a identifié des agents des services de renseignements marocains parmi les milliers de personnes ayant traversé dernièrement la frontière marocaine vers Ceuta, selon les révélations du journal El Espanol. Dans son compte rendu médiatique, le journal El Espanol affirme que "la Garde civile a détecté, grâce au système de caméras déployé à la frontière de Ceuta, la présence d'agents du service de renseignement marocain infiltrés parmi les groupes de migrants qui ont accédé de manière irrégulière à la ville lors de la dernière vague migratoire". Les sources du journal au sein de la Garde civile signalent que les services de renseignements marocains avaient manifestement pour tâche de faciliter le passage des migrants illégaux vers le côté espagnol. Selon ces mêmes sources, "la présence de membres des services de renseignement marocains mêlés aux migrants ne constitue pas un fait isolé, mais un phénomène que la Garde civile affirme avoir détecté lors d'épisodes antérieurs de pression migratoire sur Ceuta et Melilla". Elles indiquent, en outre, que les gendarmes marocains ont eux aussi contribué à ce passage en force vers la ville de Ceuta. "Dans certaines des vidéos qui ont circulé cette semaine sur l'arrivée de plus de 50 000 immigrants à la frontière de Ceuta, on voit comment des gendarmes marocains les transportaient dans des camions pour les rapprocher de la ville. Les témoignages sur la collaboration des forces marocaines et leur passivité sont nombreux ces derniers jours", poursuit le journal. Il cite notamment les témoignages déjà récoltés par le journal américain The New York Times auprès de jeunes migrants ayant fait la traversée et qui affirment qu'ils ont été encouragés, voire aidés, par les services de sécurité marocains pour passer la frontière. Quelque 60.000 migrants illégaux marocains ont traversé la frontière vers la ville espagnole de Ceuta en quelques heures, provoquant une crise migratoire sans précédent et poussant le gouvernement espagnol à déployer l'armée sur place. Lors de cette crise, quelque 72 migrants sont décédés par noyade ou dans des bousculades lors du passage de la frontière par voie terrestre. Un bilan humain qui ne cesse de saggraver. Dans ce cadre, lAssociation marocaine des droits humains (AMDH), qui a appelé samedi à louverture dune enquête indépendante sur les causes de cet afflux inédit de migrants entre la ville marocaine de Fnideq et lenclave espagnole, avance de son côté un bilan de « près de 130 victimes et de dizaines de disparus ». Pour sa part, l'expert Abdelkader Slimani a mis en lumière la profondeur de la crise dans laquelle s'enlise le régime du Makhzen marocain, qui instrumentalise désormais la souffrance de son peuple afin d'exercer le chantage sur l'Espagne, après avoir laissé passer près de 60.000 migrants clandestins vers la ville de Ceuta, en l'espace de deux jours seulement. Dans une déclaration à l'APS, M. Slimani a indiqué que le Makhzen est connu pour recourir à "tous les procédés les plus vils", en vue de préserver ou d'obtenir des acquis illégitimes, en particulier en utilisant la carte de la migration clandestine comme moyen de chantage sur l'Espagne, quitte à "mettre en péril la vie d'un peuple livré à son sort".