Constructions dans les forêts et à leur périphérie
Bientôt un cadre juridique adapté
Identifiées comme l’un des facteurs principaux aggravant les bilans humains lors des catastrophes naturelles, en particulier lors des incendies, des inondations...

L’exigence de ce nouveau cadre juridique, soulignée par le président de la République au lendemain des incendies qui ont ravagé plusieurs régions du pays, a été rappelée par le directeur de la Protection de la faune et de la flore à la Direction générale des forêts (DGF), Esaïd Si Ali, qui a relevé dans ce sillage l’importance de l’adaptation du cadre juridique relatif aux constructions dans les forêts et à leur périphérie, afin de mieux protéger les populations et leurs biens et de limiter l’exposition aux incendies. Signalant dans ce cadre l’installation récente d’une commission intersectorielle chargée d’élaborer une loi « relative à la construction et à l’habitat dans les zones forestières », il a soutenu que cela devrait contribuer à protéger les populations et à réduire les risques de propagation des incendies de forêt. Les populations se placent directement sur la trajectoire des incendies en construisant des résidences au cœur ou en lisière immédiate des massifs forestiers, avec l’absence des voies d’accès dans ces zones, souvent étroites, sinueuses ou en cul-de-sac, compliquant ou rendant impossible les évacuations d’urgence. D’où la nécessité de mettre en place un cadre juridique adapté aux normes de sécurité en question. D’autre part, le même responsable a indiqué que les espaces forestiers touchés par les incendies durant l’été seront d’abord laissés à la régénération naturelle, avant toute opération de repeuplement, non sans relever que les premières pluies enregistrées dans ces régions ont déjà permis d’observer une reprise végétative importante. « Il faut laisser le temps à la nature de se reconstituer », a-t-il expliqué dans une déclaration à l’APS, précisant que l’intervention de l’Administration forestière se fera au niveau des zones où la régénération est faible ou absente, par des opérations de repeuplement, relevant le dispositif de prévention et de lutte mis en place à travers le renforcement des moyens humains et l’acquisition de nouveaux équipements ainsi que de nouvelles technologies pour la détection et l’intervention précoce. S’adapter aux changements climatiques Dans l’Est du pays, notamment à Jijel, Guelma, Skikda, El Tarf et Béjaïa, les incendies ont affecté des forêts de chêne-liège, d’eucalyptus et de frêne avec des cortèges floristiques très variés. « Ces espèces disposent d’une capacité de régénération par rejet de souche et par drageonnage », a-t-il expliqué. La DGF prévoit d’accompagner cette régénération, notamment à travers des opérations de coupes sanitaires, plutôt que de procéder systématiquement à des plantations, a indiqué M. Si Ali. En revanche, dans l’Ouest du pays, notamment à Saïda, Tlemcen et Sidi Bel-Abbès, « les incendies ont davantage touché des peuplements de pin d’Alep, dont la régénération s’effectue principalement par graines ». « Là où la régénération manque, la DGF interviendra par des opérations de repeuplement », a-t-il fait savoir, soulignant que le reboisement ne constitue donc pas une réponse automatique après chaque incendie. Revenant sur les incendies enregistrés cet été, M. Si Ali a relevé que « les conditions météorologiques exceptionnelles ont rendu certaines interventions particulièrement difficiles ». La pluviométrie exceptionnellement importante enregistrée durant le printemps 2026 a, de son côté, favorisé le développement de la végétation, une situation bénéfique pour l’agriculture et l’élevage, mais qui a également entraîné, après le dessèchement de cette végétation à l’approche de l’été, une augmentation de la matière combustible dans les espaces forestiers qui a favorisé l’extension des feux. « Nous devons tirer les enseignements de cette situation et nous adapter aux changements climatiques », a souligné le responsable, mettant en avant l’adaptation du dispositif de prévention et de lutte aux changements climatiques, notamment à travers le renforcement des moyens humains et l’acquisition de nouveaux équipements ainsi que de nouvelles technologies pour améliorer la détection, le suivi et l’intervention précoce. La restauration des espaces touchés concerne également la faune, a indiqué M. Si Ali, soulignant le rôle des centres cynégétiques et des réserves de chasse dans le suivi de ces populations, en coordination avec les chasseurs et les associations. Dans certaines zones, des points d’eau et de ressources alimentaires adaptés sont aménagés, alors que des opérations d’élevage et de lâcher sont également réalisées dans certaines wilayas dans le cadre d’actions de repeuplement.