Détroit d’Ormuz
6.000 marins bloqués et 85% du trafic maritime paralysé
Mardi, 179e jour de l’agression américano-sioniste contre l’Iran et 69e jour depuis la signature de l’accord entre Téhéran et Washington.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, est en visite en Iran dans le cadre de la poursuite des pourparlers concernant le détroit d’Ormuz. Les entretiens entre Badr Albusaidi et son homologue iranien Abbas Araghchi ont porté sur «les relations bilatérales et les questions régionales» ainsi que «le renforcement de la coopération irano-omanaise et à contribuer à la stabilité régionale», a déclaré un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Cette visite intervient alors que des pourparlers sont en cours entre Téhéran et Mascate concernant le détroit d’Ormuz. Par ailleurs, l’agence de presse iranienne Tasnim, citant une source proche de l’équipe de négociation, a rapporté que Téhéran avait «clairement» fait part de ses positions et conditions concernant le détroit d’Ormuz au médiateur pakistanais, le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir. Selon Tasnim, parmi les conditions exprimées par Téhéran, figure «le retour de Washington au Mémorandum d’Islamabad et sa mise en œuvre, notamment l’article 5 relatif aux dispositions iraniennes concernant le détroit d’Ormuz». 68 incidents en mer en six mois Six mois, depuis le début de l’agression contre l’Iran, la fermeture du détroit d’Ormuz paralyse d’environ 85% le trafic de navires de matières premières et bloque quelque 6.000 marins et 500 navires dans le Golfe, rapporte l’AFP citant l’Organisation maritime internationale (OMI). «Le trafic de navires de matières premières (hydrocarbures mais aussi engrais et minéraux) a dégringolé à 10 transits par jour en moyenne après le verrouillage du détroit par Téhéran le 1er mars, contre 95 transits quotidiens en moyenne en février», selon une analyse AFP des données de la plateforme de suivi de flux maritimes Kpler. La signature d’un accord entre Washington et Téhéran mi-juin a permis un «rebond temporaire à 36 transits par jour, avant une rechute à 15 entre la reprise des affrontements le 8 juillet et le 22 août». Pendant la période de calme relatif, entre le 17 juin et le 7 juillet, une moyenne de 9 navires par jour empruntaient la route iranienne et 8 la route omanaise. Le reste transitant par des voies non identifiées ou la route traditionnelle de l’OMI, ajoute l’AFP, qui note que depuis le 8 juillet, les deux tiers des transits sont devenus «fantômes» ou inconnus, contre moins de 1% avant la guerre, selon Kpler». Quelque 6.000 marins et 500 bateaux restent bloqués dans le Golfe depuis le début du conflit, a indiqué l’OMI à l’AFP. Depuis le début de l’agression américano-sioniste contre l’Iran, il y a six mois, «au total, 68 incidents», dans le Golfe, le Golfe d’Oman et la mer d’Arabie, l’équivalent d’un tous les deux jours et demi, a confirmé cette agence de l’ONU. Durant ces incidents, «au moins 20 marins et travailleurs portuaires ont trouvé la mort dans des incidents ou attaques dans la région». Environ la moitié de ces incidents ont impliqué des pétroliers, 20% des porte-conteneurs et 15% des vraquiers. En outre, l’agence maritime britannique UKMTO a classé 47 de ces incidents comme des attaques. Impliqués dans 13 incidents, les navires battant pavillon du Liberia ont été les plus touchés, suivis par 10 navires enregistrés au Panama et autant aux îles Marshall. Des navires battant pavillon iranien ont été impliqués dans quatre incidents. «L’OMI indiquait le 19 août suivre la situation afin de protéger plus de 20.000 marins présents dans la région, y compris ceux bloqués à bord de navires ne pouvant pas franchir Ormuz», ajoute l’AFP. L’Iran inscrit 45 pétroliers sur sa liste noire L’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), l’administration maritime du Golfe Persique mise en place en mai dernier par l’Iran, a annoncé avoir inscrit 45 pétroliers sur sa liste noire pour violation de la réglementation iranienne relative au passage du détroit d’Ormuz. Dans un message publié sur la plateforme «X», PGSA a précisé que les navires concernés s’exposent à des amendes, à une immobilisation et à la confiscation de leur cargaison. La liste comprend des navires interdits tels que des superpétroliers, des méthaniers (GNL et GPL), des transporteurs de produits raffinés et d’autres navires similaires. Parmi les compagnies propriétaires de certains de ces navires figurent ADNOC Logistics and Transportation (ADNOC L&S) des Émirats arabes unis et sa filiale Navig8 Tankers, ainsi que la Saudi National Shipping Company (Bahri). Le communiqué avertit que «tout navire participant à des transbordements avec des navires figurant sur la liste risque d’être ajouté à la liste noire». PGSA exhorte les armateurs à consulter la liste actualisée des navires non autorisés avant d’entreprendre toute opération de transit dans la région. Elle appelle les navires souhaitant être «retirés de la liste noire» à «soumettre une demande officielle, accompagnée des justifications et explications nécessaires, aux autorités maritimes iraniennes compétentes».