Vivre au-dessus de ses moyens
Au risque de fâcher des esprits nourrissant avec exagération des imprudences délibérées, un questionnement mérite d’être soumis.
Le manque de tempérance et de pragmatisme chez de nombreux concitoyens dépasse l’entendement. La tendance se généralisant voudrait que l’on vive au-dessus des moyens dont on dispose en s’armant du trop léger argument basé sur un égalitarisme faussant les attendus du droit et de la justice. Il ne suffit pas de s’adosser à son appartenance à la nationalité et de disposer d’une carte d’identité pour prétendre à l’héritage de tous les droits. Auquel cas, l’absolu des droits exigés et mis en avant en déniant les devoirs sème un maladif esprit rentier en courant le risque d’introduire la société algérienne dans une situation ubuesque. Ainsi, il est incongru qu’un citoyen sans ressources les plus élémentaires exige sans réserve qu’un appartement lui tombe du ciel. La solidarité nationale elle aussi impose des règles et un entendement conformes à la raison et à la sagesse. Un Etat foncièrement social ne veut pas dire que tous les soutiens en tout genre accordés à ses sujets sont une mine de puisement à satiété sans que les exploitants ne soient engagés à s’obliger à un retour de conséquences patentées. Malheureusement, on entend souvent dire par certains dans un empressement dilatoire, ne suis-je pas moi aussi un Algérien ? D’évidence, la vie courante n’est pas aisée et un large pan de la société algérienne ne parvient pas à joindre les deux bouts. Les nécessités se multiplient en allongeant les besoins. L’Etat fait ce qu’il peut pour garantir à tous un itinéraire vers le bonheur. Mais il ne pourra pas s’y engager au-dessus de ses moyens. De même qu’un ménage ne pourra jamais prétendre qu’il est en droit de vivre au-dessus de ses moyens.