Une crise alimentaire à l’horizon
Une grave crise alimentaire pèse lourdement sur de nombreux pays dépendants des importations de céréales, notamment les pays africains qui ont déjà souffert de ...
Une grave crise alimentaire pèse lourdement sur de nombreux pays dépendants des importations de céréales, notamment les pays africains qui ont déjà souffert de pareille crise en 2022, et qui doivent se préparer à affronter dans les prochains mois des jours bien plus durs. Le scénario de 2022, quand les frappes russes sur les ports ukrainiens ont bloqué les exportations de blé, mettant à mal l’approvisionnement du marché mondial dont l’Ukraine est l’un des principaux pourvoyeurs, se reproduit en 2026 dans une version plus sombre. Car, par ces temps-ci, la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a perturbé l’approvisionnement du marché mondial en urée, vient se greffer aux récentes frappes intensives menées par les Russes sur les ports de la mer Noire, qui ont bloqué environ 5 millions de tonnes de céréales et créé automatiquement un déséquilibre sur un marché mondial brutalement asséché du plus du tiers de son offre normale. Les signes de la crise alimentaire sont déjà là, avec des cours du blé qui ont augmenté de 30% depuis le début de l’année, et des prix de l’urée qui ont doublé ces six derniers mois. Certains observateurs avancent que l’indice des prix alimentaires de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a atteint 131,1 points en juillet, son niveau le plus élevé depuis plus de 3 ans, pas loin de l’indice enregistré en 2010 (137,7 points) à la suite d’une sécheresse qui avait contraint la Russie à interdire ses exportations de céréales. Toutes les données mesurent la gravité de la situation. De toute évidence, cela ne peut pas échapper aux gouvernements qui dépendent des importations de blé. Mais, on sait pertinemment qu’il n’existe pas de solution miracle pour atténuer pareille crise, notamment pour les pays africains qui dépendent presque entièrement pour certains d’entre eux des importations. Dans le sillage de la crise du blé en 2022, et la hausse des prix sur le marché mondial, la Russie a dû approvisionner, à des prix symboliques ou des dons, quelques pays africains pour leur éviter le pire. Hélas, en 2026, il ne faut plus compter sur l’aide extérieure. Une crise alimentaire mondiale n’épargnera aucun pays. Car, si certains seront touchés par le manque de blé, d’autres, mieux nantis, vont devoir affronter des crises qui toucheront toute la chaîne alimentaire, d’autant que les tensions géopolitiques en cours vont au-delà du conflit en Ukraine pour toucher tous les couloirs maritimes, essentiels au transit du commerce mondial en tous genres.