Trump et l’art de tourner le dos

Bien malin et avisé celui qui comprend la politique actuelle du président américain.

Après avoir soutenu le chef de l’Etat ukrainien, il lui demande aujourd’hui de s’effacer non sans marquer un appui renforcé à la Russie. De plus, il tourne le dos à l’Union européenne et décide d’accorder une surprenante faveur à son « ami » Poutine sans de nouvelles sanctions qu’il avait pourtant annoncées auparavant. Droit dans ses bottes, il affirme que seuls les intérêts des Etats-Unis comptent en priorité. Plus homme d’affaires chevronné que président attitré, Trump démontre encore une fois que l’amitié n’a de droit de séance que quand elle obéit à des intérêts nationaux palpables et tenaces. Il prouve en ce moment que ses décisions ne sont pas celles d’un pitre farfelu. Ses démarches et ses comportements conciliants vis-à-vis de la Russie et de la Chine le démontrent amplement. En commerçant redoutable, il ne manque pas de signifier qu’il n’a rien à attendre de l’Europe et si en tournant le dos au président ukrainien, il bénéficie d’un retour en dividendes, il n’hésite pas un instant. Ainsi Donald Trump fait figure de champion d’une adaptation politique en se conformant au sens du vent pour ne pas s’arrêter à la prise des demi-mesures. Divisés, les Européens mi-surpris et empêtrés dans leurs propres déboires politiques gesticulent, chacun tente de se ménager une issue de sortie aléatoire. Quelques-uns font mine de bomber le torse mais sont convaincus de devoir s’en remettre à un orphelinat imposé par Washington. Pourtant, de la part de la Maison Blanche rien n’est surprenant et les adossements sur d’hypothétiques changements qu’induiraient les élections américaines de mi-mandat ne sont que chimères. La persistance de la culture du Far-West demeure pour que l’on sache que l’idéologie profonde américaine veut que les Etats-Unis soient le centre du monde et que les grandes manœuvres commerciales n’ont aucune limite tracée.