Moutons et trahison
Ce n’est ni un gag ni encore moins une mauvaise et douloureuse plaisanterie ! Plusieurs milliers de moutons, importés par l’Etat dans le cadre de l’Aïd El Kebir...
Plus de trois mille autres morts aussitôt débarqués. Une histoire de transport d’ovins en avion, et une autre à propos de cahier des charges non respecté. Et encore une autre de bêtes payées 900 euros. L’affaire où plus de 20 personnes sont impliquées n’a rien de burlesque et est entre les mains de la justice. La colère et l’indignation dans un premier temps inciteraient probablement à s’interroger sur la nature d’une punition absolument conforme au niveau du satanisme d’acteurs qui ont foulé aux pieds non seulement une dignité nationale, mais aussi écrabouillé l’honneur et la raison. Un couteau dans le dos d’une nation et d’un Etat qui ne cessent inlassablement de parfaire une justice sociale avec une attention colossale pour répondre aux besoins des plus démunis. Plus qu’ils ne sont sujets de haute trahison en salissant une action d’entraide et de solidarité envers une population dans le besoin, ils ont terni une noble symbolique du pays. L’Etat aurait pu se passer de l’importation de plus d’un million de moutons. Il n’était pas tenu de s’engager dans une opération facultative et s’en éloigner en laissant les ménages assumer leurs responsabilités selon leurs moyens et leur foi religieuse. L’insoutenable indignité d’une pègre qui perdure n’aurait pas trouvé une brèche pour encore déployer ses méfaits. Alors quelle punition sera rendue pour un trafic patenté que l’on ne doit qualifier ni de simple avidité malfaisante, ni de démoniaque traîtrise monstrueuse ? Probablement un enfermement dans un asile psychiatrique pour des énergumènes qui ont considéré que le pays était un asile de fous serait le mieux indiqué. Car se fourvoyer ainsi en enfonçant un couteau aiguisé dans un événement sacré, on s’oblige à déduire qu’à défaut de camisole de force, il ne restera plus pour de tels malfrats que la plus haute des punitions.