Les pyromanes des marchés
A juste raison, on doit considérer tous les commerçants dans n’importe quel domaine du négoce en véritables acteurs efficaces et à l’avant-garde de la paix soci...
Intermédiaires de facto dans le monde commercial entre le marché et la population, ils devraient être de véritables militants de la sérénité nationale. Nombre d’entre eux s’appliquent dans ce rôle capital avec foi et sagesse à la satisfaction des consommateurs. D’autres se jouent des règles et des lois pour apparaître en véritables pyromanes. Ceux-là ne diffèrent en rien des incendiaires des forêts, et au-delà de leur malhonnêteté, ils mettent le feu au cœur de la société pour désagréger l’entente nationale. Somme toute, les pratiques incendiaires sont identiques et plus qu’elles ne sont immorales, elles constituent par leurs effets des actes antinationaux. Au cours du dernier Conseil des ministres, il a été question de la nécessité d’approfondir la régulation commerciale et de se pencher sur les disparités des prix entre des régions et d’autres. Celle de la viande importée notamment a été pointée du doigt par le chef de l’Etat pour qu’une explication soit trouvée et justifiée. On découvrira certainement le jeu malsain de certains importateurs et intermédiaires faisant fi de conscience, n’étant armés que par la recherche déplacée du gain facile à tout prix. Le contrôle est encore une fois enjoint à la rescousse pour planifier le holà à une pénalisation qu’endure le consommateur. Mais serait-ce suffisant quand la vermine commerciale a une panoplie de recettes pour toujours réussir à retomber sur ses pieds ? Les enjeux du moment sont si importants qu’il est salvateur de comprendre que dans le monde actuel, sérieusement dépravé, le marché national recommande avec insistance la mise en avant d’un patriotisme poussé pour garantir une paix sociale assurée. S’armer de cet esprit doit mettre sur le même palier les incendiaires des forêts et ceux qui allument le feu dans les marchés.