Législatives, abstention et sacralisation de l’union

Après l’annonce du taux de participation aux législatives, d’aucuns ont conclu hâtivement à une faillite des partis politiques.

Les commentaires n’ont pas été tendres mais ils ont péché manifestement par une déduction réductrice précipitée. Bien que toutes les représentations partisanes ne peuvent être mises dans un même lot, les unes plus consistantes que d’autres, leur ensemble a toutefois depuis sa naissance obéit à un état des lieux politique où les bases étaient ternies par un flou que nul n’ignorait. L’exercice politique obéissait plus à une désarticulation législative où ce que l’on désignait par le système de gouvernance répondait surtout à la culture lourde de l’affairisme. De cette plateforme ne pouvait naître une communion d’esprits et d’intérêts entre les élus et les électeurs. Souvent de bonne foi, des parlementaires en nombre butaient contre une représentation du pouvoir en place entachée par des acteurs, de surcroît hauts représentants de l’Etat, situés dans les proximités négatives mères de tous les soupçons. Pour preuve, la justice et ses tribunaux avec l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune ont levé le voile sur de fabuleuses distorsions et gangrènes qui ne pouvaient permettre une saine activité politique. Avant son élection, la brèche, en s’ouvrant, s’était élargie pour permettre de l’aisance à tous les opportunismes de mauvais aloi de se déployer. Ainsi, n’importe quel quidam guidé par son égo et par le sens démesuré des affaires avait le loisir d’investir le terrain politique. Ce n’est dorénavant plus le cas aujourd’hui, même si du haut sommet de l'Etat au plus humble niveau de la gouvernance, il reste fort à faire pour qu’une large confiance s’installe définitivement pour sacraliser l’union. Dès lors, le faible taux de participation des dernières élections législatives témoigne, plus loin que les premières idées arrêtées, d’un acquis de grande importance. Il signifie qu’un autre ordre est né. Le nouveau visage imposé à l’exercice politique dépouillé de l’amateurisme, des cupidités et des rapines, par la loi devra à l’avenir rapprocher les électeurs des prétendants à leur représentation.