Le Sénat américain, garde-fou aléatoire
D’aucuns pourraient déduire que la défaite des républicains américains aux élections de mi-mandat est la fin annoncée de Donald Trump.
Cela serait se méprendre sur un mégalomane convaincu que les Etats-Unis et le monde sont à ses pieds. Il est vrai que la superpuissance mondiale a inscrit dans sa Constitution des garde-fous contre les écarts tentés par son chef d’Etat. Le Sénat est le gardien du temple et selon la représentation de la majorité politique dominante, il a la force de veiller et bloquer ce qu’il estime être des incartades de la part du locataire de la Maison Blanche. Les démocrates depuis mardi majoritaires ont la latitude de contrarier des décisions engageant la politique nationale et internationale des Etats-Unis. Sans plus. Le président américain a déjà démontré qu’il n’était pas homme à respecter les limites fixées par les juridictions de son pays. Sa déclaration de guerre contre l’Iran sans l’aval obligatoire du Sénat est un exemple révélateur sur les libertés qu’il peut prendre. D’autant qu’il reste détenteur du droit de veto, ce qui préfigure déjà d’apparents bras de fer durant les deux ans restants de son mandat à la tête du pays. On peut d’ores et déjà penser que les batailles éventuelles ne seront que des jeux de scène qui n’occulteront en rien ce que les états-majors politiques et surtout financiers considèrent comme essentiel pour les Etats-Unis. Seules les formules seront changées. Trop s’appesantir sur cet aspect de la cuisine politique américaine n’a qu’une aléatoire importance. Bien qu’il ne soit pas secondaire, il serait faire abstraction de la ligne de conduite originelle de l’ensemble de la classe politique, républicains et démocrates confondus, qui n’a d’yeux et de sujet de fixation que sur les intérêts propres US. L’histoire a démontré que républicains et démocrates savent se tenir ensemble la main quand il s’agit de nourrir leur suprématie sur le monde.