Le migrant et le pire des marchandages
Une nouvelle traite humaine s’étend dans le monde pour encore une fois faire renaître une totale ignominie.
On parle de « hubs de retour » négociés entre des Etats européens et certains régimes africains contre rémunérations pour l’expédition d’indésirables demandeurs d’asile déboutés qu’ils n’ont plus la peine et la retenue de considérer comme des pestiférés. Une réunion tenue, hier, au Danemark a regroupé des pays du Vieux Continent pour formaliser avec la bénédiction du Parlement européen le transfert de migrants en terre africaine. Ainsi, les expéditions d’êtres humains forcées rappellent celles des déchets nucléaires que certains Etats africains avaient accepté de recevoir et de les enfouir chez eux. Les unes comme les autres témoignent de la résurgence d’un marché négrier que l’on pensait banni à jamais. Ce refoulement de migrants s’identifie à une trainée d’humains aux gémonies dans des pays qu’ils ne connaissent pas pour leur infliger un décuplement des souffrances, eux qui croyaient s’exiler à la recherche de l’Eden. La plupart sans identité, ils continueront leur errance quand ils ne sont pas parqués dans des enclos qu’ils n’ont pas connus dans leur propre pays. Le déracinement atteint son apogée pour que le migrant chassé perde totalement son essence et devient une représentation de parc zoologique. Il est douteux que ceux qui les reçoivent soient en mesure de leur réattribuer leur dignité et de leur accorder l’indulgence qui leur est due. Dans ce genre de troc, l’humanisme n’a aucune place. Le plus curieux est qu’aucune forte protestation ni condamnation n’a fusé nulle part, laissant induire que le monde s’est ouvert au pire des marchandages et que les humains s’identifient à de la marchandise. Nul ne connaîtra leur futur et leur devenir, sinon qu’ils s’apparenteront aux profils de ceux qui par le passé ont servi de présentoirs dans les marchés négriers.