Le maire et les différentes façades de l’Etat
Les partis politiques se préparent pour affronter les élections locales.
A la faveur de la reconfiguration de la loi électorale et le réaménagement législatif de l’activité partisane, l’engagement au scrutin sera dépouillé des opportunismes du passé. Il est fort douteux que les portes seront ouvertes pour les candidats qui ne se présenteront avec comme seule arme que la vide prétention outrageusement individualiste. Les électeurs sont conscients du profond changement. Des indices ne manquent pas pour les réconcilier avec les élections. Le monde a changé et l’Algérie aussi. Les défis auxquels la société algérienne fait face sont de véritables gageures pour que les prétendants puissent être tentés de s’aventurer sur la scène politique pour arracher des subsides personnels. S’activer pour une promotion sociale individuelle est légitime. Mais l’heure est aujourd’hui à ce que cette promotion ait l’obligation de s’intégrer dans un difficile exercice confortant sérieusement l’intérêt général. Le militantisme politique a changé de couleur. Il n’est plus une course aux affaires et à l’arrachage des avantages particuliers. La notoriété n’est plus un commerce. La digression de la pratique politique a produit des tares jusqu’à ternir les différentes façades de l’Etat en éloignant les électeurs des urnes. Se contenter de l’unique symbolique du costume-cravate pour parader à la tête d’une mairie pour seulement accorder une fausse densité exagérée à un titre honorifique n’a plus cours dans l’Algérie d’aujourd’hui. Le terrain, par la force de la loi, a été déblayé pour que la responsabilité politique soit presque un sacerdoce et un don de soi pour être au service de la société. Certes n’est pas messie qui le voudrait. Mais les accrocs sociaux sont si nombreux qu’un maire se doit de s’investir dans un engagement presque messianique.