Le chemin de fer, cap sur le Sud

C’est d’abord par le chemin de fer transcontinental que les Etats-Unis d’Amérique au 19ème siècle avaient entamé le début de leur puissance actuelle.

Reliant la côte Est à celle de l’Ouest, long de 3.000 km, il s’est ouvert la voie sur un territoire gigantesque encore peu connu pour asseoir les prémices d’une force mondiale qu’on lui reconnaît aujourd’hui. Tout le reste avait suivi. La transhumance du savoir a commencé par le train et la population américaine hétérogène de l’époque ne s’était pas contentée de se concentrer sur les rives de l’océan Atlantique et s’en est allée défricher ce qui est devenu aujourd’hui la riche Californie. Cette véritable révolution humaine n’a pas été simple. L’histoire contemporaine en a enregistré toutes les péripéties et le progrès acquis n’a pas été sans les vicissitudes humaines de toutes sortes qui l’ont accompagné. Cependant et malgré toutes les peines vécues, sa suprématie actuelle ne se démontre plus. La vaste Chine a suivi l’exemple, convaincue que le train est un des principaux facteurs procurant une dynamique économique. Elle est dotée aujourd’hui de 45.000 km de lignes rapides et couverte de plus de 160.000 km de voies pour que les distances infinies ne soient plus un frein pour le progrès. D’évidence, l’Algérie n’est pas encore à ce stade d’émancipation à couper le souffle. Mais premier plus vaste Etat africain avec un territoire de la dimension d’un continent ne pouvait pas encore se permettre de laisser s’engorger son Nord territorial très réduit. La prise en main avec sérieux et un fort suivi décidée par le chef de l’État est pour l’heure une des principales préoccupations des autorités publiques. L’instance des recommandations qu’il a encore formulées dimanche en Conseil des ministres à propos de la nécessité d’une large ouverture vers le Sud est une action impérative. Aux Algériens patriotes d’en faire une nouvelle Californie. D’autant que sa fertilité s’y prête dans de nombreux domaines.