Le BRICS, une coquille vide ?
Les onze pays du BRICS, avec une représentation au plus haut niveau, sont en assemblée depuis hier à New Delhi.
La mosaïque dessinée par des chefs d’Etat, membres fondateurs présents, acteurs importants dans les grands événements qui secouent le monde actuellement, est censée être conclue par des décisions conformes au tracé qui a présidé à la naissance du bloc en 2006. Mais vingt ans se sont écoulés sans pour autant apporter une dynamique palpable et concrète aux grandes idées-guides de sa création. Engagé au départ jusqu’à vouloir aboutir à une monnaie propre, le groupe n’a pu se dépêtrer de ses antagonismes et de ses contradictions pour n’apparaitre qu’identique à une coquille vide. Il serait douteux aujourd’hui, au cours de ce 18ème sommet, que les présences des présidents chinois et russe, ni même l’Indien Modi puissent influer concrètement d’une manière ou d’une autre pour amener le bloc hétéroclite à prendre des décisions d’importance. Le vedettariat sera accordé au président iranien, mais on l’écoutera avec attention sans plus, chacun étant convaincu que le BRIC ne dispose pas de toutes les cartes en main. Les intérêts des uns et des autres sont divergents pour laisser penser à une convergence de décisions concrètes. D’ailleurs un ton a été donné pour le rassemblement à travers les premières déclarations tièdes de quelques chefs d’Etat participants pour circonscrire le sommet dans les généralités habituelles. A tout le moins, le langage diplomatique aura une large faveur pour remettre en exergue les énoncés de l’OMC pour débattre du commerce mondial et on reviendra sur l’ONU pour rappeler ses moult résolutions. Il sera bien sûr question de la guerre en Iran et de ses conséquences sur l’économie mondiale et ses désastres. On se limitera au constat. Il n’est pas évident non plus que le conflit russo-ukrainien soit abordé dans le détail. On s’arrêtera aux habituelles recommandations et aux propositions prudentes que tous les présents n’écouteront pas avec des oreilles attentives. La plupart des membres, sinon tous, étant agrippés à leurs propres et individuels intérêts.