Langues et charrue avant le bœuf
Drôle de débat que celui engagé non sans passion autour des langues ! Des intellectuels, avec ou sans étiquette, sont noyés dans des diatribes comme si la socié...
On a vite fait, dans la précipitation, de se battre sur le choix des outils et sur des engins véhiculaires utiles et indispensables sans au préalable clarifier litinéraire de la société algérienne et son point darrivée. Cest comme si en plaçant la charrue avant le buf, les franges opposées se disputent par options opposées sur le choix doutillages à utiliser sans la connaissance des attirails sociaux et sans sinquiéter dune éventuelle panne dune immense machine nationale. Les uns et les autres donnent limpression de vouloir demeurer en marge des essentiels pour transformer une escale de la société algérienne en halte définitive. Le pays a été totalement transformé. Il suffit dobserver la rue, et de prêter une oreille attentive aux profondeurs des demeures et des ménages pour comprendre que le profil, même des plus proches, a changé de nature. L’Algérie nest plus en 1962, ni en 70, ni en 2000 pour se complaire dans un arrêt que les idéologies factices lui imposent. Le monde entier a suffisamment goûté à lamertume de leur saveur trompeuse. Toutes les nations se sont rendu compte qu’elles doivent aller à lessentiel et ne plus sattacher aux littératures berceuses. A leur image, les générations actuelles nont plus de soucis que pour le concret. De Molière ou de Moutanabi, ils sont persuadés quils nen ont que très peu à tirer et à matérialiser. Leur souci est de pouvoir se frayer une route dans la vie. Pour ce faire, la tendance partout à travers le monde nest pas à lécoute des vains bras de fer des tenants des idéologies. Les Algériens, pour leur part, nont pas besoin qu’on leur indique leurs racines.