La rébellion des esprits

Le printemps tend à ne plus se suffire de cette connotation attribuée par l’Occident à trois ou quatre pays du Sud, notamment arabes, pour que s’illustrent, à r...

Le Nord occidental plonge au début de cette saison au fond de profondes turpitudes politiques et sociales redonnant une autre contenance et une définition élargie à celles que l’on collait aux orages printaniers arabes. Des sociétés occidentales dites avancées sombrent aujourd’hui dans un abîme à la limite du désastre, surprises d’être piégées dans une difficulté d’existence subtilement et politiquement cachée dans un passé brumeux. Les boulevards et les places publiques en France se teignent du jaune des feuilles tombées des arbres et ses marins pêcheurs donnent aux côtes maritimes des noirceurs identiques à celles de leur âme. Les pays voisins ne sont pas en reste de peines, les classes politiques européennes excellent à fixer leurs discours et leurs regards sur un virtuel criard alors que les populations mettent en exergue, en défilant dans les rues, leurs peines et leurs souffrances existentielles. L’errance humaine est aussi sur les terres natales. Les marches de protestations ont quelques similitudes avec la fuite et le désespoir parce que conscientes que les horizons sont sombres et que les problèmes d’aujourd’hui, pour le monde entier, auront des difficultés à dénicher une salvatrice solution humaine. Peu à peu, on commence à comprendre, sans trop l’avouer au grand jour, qu’un drôle de volcan fantasmagorique s’est réveillé en menaçant la planète. Dans les discours et les griefs, s’entremêlent les théories sur le réchauffement climatique, les guerres et les conflits, la montée des violences, l’indocilité du diesel sans vraiment comprendre pourquoi les esprits se rebellent et incitent les âmes aux suicides.