La planète en colère
Pour apocalyptique qu’elle soit, il est à craindre que la colère des éléments ne soit plus contrôlable par l’homme dans sa piteuse faiblesse.
Pour parler de nous, l’Algérie est-elle en mesure de faire face à une catastrophe naturelle d’une ampleur majeure ? Même si tous les experts du climat ne sont pas tous du même avis sur les véritables raisons de l’ire destructrice de Dame Nature, le facteur naturel dans la survenue des catastrophes naturelles ne fait aucun doute. Si la canicule a tué des centaines de personnes en Europe, sous nos cieux, en plus du phénomène cyclique des feux de forêts, d’importantes précipitations sont annoncées durant l’été en cours. Une menace à prendre très au sérieux, surtout qu’un doigt accusateur est pointé en direction de la main coupable de l’homme. D’abord en raison des constructions sauvages sur les berges des oueds, mais aussi les déchets en tous genres jetés dans ces rivières dont le lit se retrouve détourné pour provoquer des crues d’une violence meurtrière. Pourtant, l’Algérie a, plusieurs fois, revu et corrigé son plan ORSEC (Plan d’organisation des secours), sans vraiment mesurer ni cerner ce que la nature peut générer comme drames si rien n’est fait pour les prévenir. Décliné en plusieurs modules, le plan ORSEC est-il opérationnel en temps réel avec une gestion effective, et surtout efficiente, des risques majeurs dans un pays aussi vaste que l’Algérie ? Remettre sur le métier l’ouvrage, celui d’une politique multisectorielle de prévention des risques et périls majeurs, est une urgence absolue. Selon les chiffres officiels, les interventions lors de la survenance d’aléas naturels tels que les séismes, les inondations et les feux de forêts ont coûté à l’Etat près de 600 milliards DA au cours des vingt dernières années, sans nécessairement s’adapter aux nouveaux concepts de gestion des grandes catastrophes, conformément au Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes. Le vrai défi est de passer de la gestion des catastrophes à la gestion des risques qui en découlent. Avoir une vision prospective et anticipative sur les aléas naturels, doit être une priorité des autorités publiques pour épargner des vies, mais aussi économiser du temps et de l’argent.