La patate et une dignité nationale à consolider
Faudrait-il alors sacraliser cette tonitruante patate devenue reine et sujette d’un débat persistant ! Loin s’en faut sauf que le problème ressassé renvoie à u...
Il est juste que la pomme de terre est une denrée essentielle pour tous les ménages et que ses prix, exagérément flottants, incommodent outre mesure sans que l’on ne puisse les stabiliser jusqu’à exiger de l’Etat d’intervenir pour mettre le holà à un problème permanent. Taxée officiellement à une limite de 90 dinars le kilo à la vente au détail, on a l’impression qu’elle s’est jouée subitement d’une règle marchande supposée tempérer son ardeur incendiaire injustifiée. Pour toute réponse, elle s’est tout simplement raréfiée pour presque disparaître des étals. Certains marchands se sont pliés à la mesure prise, mais encore une fois, ils ont eu recours à leur génie commercial malfaisant en répercutant leurs marges bénéficiaires sur d’autres produits agricoles pour que les prix des légumes et des fruits prennent de l’ascendance. L’absence d’entendement et cette histoire de patate n’est pas un fait anodin. Cette situation est autrement plus douloureuse qu’elle n’en a l’air. Plus qu’elle ne pénalise les consommateurs, elle témoigne d’une inconscience et d’une débilité de la part de commerçants bercés par un phénomène de surdité et d’aveuglement, convaincus que leur pays est à l’abri du fatidique bouleversement que le monde entier vit aujourd’hui. L’arsenic qu’ils sèment par leur avidité du gain empoisonne la paix sociale que de nombreux pays, même des plus avancés, ont définitivement perdue. L’Etat aura beau prodiguer tous les efforts pour renforcer la sérénité nationale. Ces efforts s’avéreront caducs si le sens de la citoyenneté de tous les Algériens n’est pas nourri avec une conscience à toute épreuve. Certes les épreuves difficiles ne manquent pas en ce moment. La faim et les désarrois sociaux ont gagné en universalité. Les dépasser serait la meilleure preuve d’une dignité nationale consolidée.