La frite fait des siennes

Dame pomme de terre refait des siennes. Perçue tantôt ange à 30 ou 40 dinars le kilo pour accompagner les repas expéditifs en frites ou en sauce, tantôt perçue ...

Elle caracole aujourd’hui à 140 dinars et plus. Les moues se sont généralisées dans les marchés et encore une fois la loi de l’offre et de la demande s’est installée produisant l’inconfort coléreux des acheteurs comme celui des vendeurs. Mais lui en vouloir outre mesure pour le tango des prix qu’elle exige est lui faire un mauvais procès et serait une grande injustice. Elle aussi obéit aux plusieurs travers qu’impose l’inextricable tissage du climat, de l’inflation galopante et de la nature associés dans une complicité que renforce une stérilité des terres cultivables devenue alarmante. Puis en extra, elle se plie aux phases saisonnières des cultures fruitières et légumières que le ciel et les mois régissent. Enfin, dans le parcours de cette saison caniculaire, on remarquera que l’assèchement des étals des marchands de fruits et légumes est très apparent pour déduire que la canicule n’a pas plaisanté cet été. Celle-ci a brisé les lois de la rotation des cultures maraîchères en désemparant les producteurs, les vendeurs et les consommateurs. Toutefois, si les ménagères algériennes excellent dans la prise du mal en patience, la situation est autrement plus dramatique dans les pays rois de la patate. Là où son négoce doit respecter des règles draconiennes des grandes sociétés de consommation pour qu’elle ne finisse pas avec obligation en purée de grand-mère. Ainsi, tout un pan de l’industrie agricole européenne, battant de l’aile, fera face à une faillite économique, incidence directe de la sécheresse incongrue des terres. Finalement, la frite en faisant des siennes n’est qu’une autre victime d’une déroute agricole mondiale que le climat en folie a décidé d’affectionner.