La formation professionnelle est un impératif pragmatique

Heureuse initiative que celle prise par le ministère de la Formation professionnelle de mettre en pratique une équation entre la construction automobile en Algé...

Il serait heureux que l’ensemble des usines de production nationale suivent l’exemple et déblaient un domaine devenu névralgique, mais qui depuis l’indépendance a fait du travail manuel un parent pauvre. Durant longtemps l’activité industrielle et artisanale se contentait d’une formation sur le tas, et se manifestait avec des insuffisances allant jusqu’à contrarier sérieusement une positive politique de relève. La venue des flots de nouveaux jeunes demandeurs d’emploi n’ayant aucune qualification restait bloquée, élargissant la vague du chômage. Cette situation n’est pas particulière à l’Algérie. Une grande majorité de pays, parmi lesquels figurent en bonne place les plus développés, souffre d’un manque de main-d’œuvre qualifiée. La particularité de la situation, ici et partout ailleurs, a donné naissance à une culture de bricolage laissant l’incompétence et l’absence de savoir-faire professionnel produire des ravages. L’opportunisme et la négative débrouillardise ont autorisé le volontarisme inconséquent d’un grand nombre de manœuvriers sans qualification de s’investir en électriciens, en plombiers, en mécaniciens et en d’autres activités essentielles dans la vie de tous les jours pour souvent provoquer des catastrophes. Les incidences négatives de ce pli social négatif ne perturbent pas uniquement le parcours normal des citoyens allant jusqu’à menacer leurs vies, mais infligent aussi des dépenses financières considérables et injustifiées dont toute l’économie nationale et les citoyens auraient pu s’en passer. Aujourd’hui, la ministre de la Formation professionnelle a ouvert une grande porte pour que le marché de l’emploi se redispose et se conforme à l’idée que la promotion sociale est sujette d’abord à un impératif pragmatisme. Elle reconfirme elle aussi, ce qui est déjà su, que l’escalade de l’échelle sociale passe par la maîtrise d’un métier.