La cécité autour de Ceuta

Le gouvernement espagnol veut des clarifications sur un sérieux rapport rédigé par un organisme non moins sérieux ayant assuré que les tragiques événements surv...

Toutefois, la clarification réclamée n’a pas besoin d’une clarté supplémentaire lorsque les faits sont accompagnés par une signature d’une évidence encore plus claire. L’intrusion de force de plus de 70.000 personnes par mer et par terre pour envahir un territoire ne pouvait s’opérer sans la volonté et l’incitation de la réputée machine sécuritaire marocaine. Lorsque cette réputation repose sur jusqu’à l’attribution aux murs des ménages et aux trottoirs des oreilles et quand, pour exemple, la traque est un sport national, tout taxi marocain étant soumis à l’obligation d’une autorisation spéciale pour se déplacer d’une ville à une autre en signalant le profil de ses voyageurs, aucun doute n’est permis. Alors l’index pointé sur la responsabilité des réseaux sociaux qui seraient la cause d’une ruée d’un tel genre d’outrepassements réellement guerrier que l’on a connu déjà dans le passé, relève des plaisanteries. Sa similitude avec la dite marche verte de 1975 est trop frappante pour encore croire à une simple coïncidence. Un si important et large appel à la ruée vers l’Espagne ne pouvait passer sous le nez des services marocains, certainement prompts à mater, en toutes circonstances, la moindre turbulence de la population. De surcroît, le badinage dans ce domaine pour le régime monarchique passe pour un blasphème qui aujourd’hui comme hier bénéficie du soutien opérationnel du Mossad en étendant ses tentacules d’espionnage contre des Etats étrangers. Les autorités espagnoles sont parfaitement au fait des soubassements de la manœuvre. Si Madrid fait semblant d’être aveugle, la cécité maladroitement exposée par son chef du gouvernement n’obéit qu’à un jeu diplomatique pour tempérer les revendications marocaines pour une mainmise sur les enclaves espagnoles. Pour encore calmer davantage les frétillements revendicatifs de Rabat, il se plie au chantage en augmentant les dons financiers au bénéfice du Maroc. Ce qui est clair est que sur le sujet, entre l’Espagne et le Maroc, la messe n’a pas encore été dite.