L’université algérienne retrousse ses manches

Cette rentrée, près de 425.000 nouveaux bacheliers ont rejoint l’université algérienne.

Le total des universitaires, options et orientations confondues, serait de plus de 2 millions associés à 12 millions d’élèves venus occuper en même temps les bancs des écoles et des lycées. Le constat pourrait donner le tournis si, en parallèle, l’ensemble des dispositions prises pour, par les hautes autorités publiques, ne rassurait pas pleinement sur le parfait endossement de la charge nécessitant de colossaux moyens. Infrastructures, personnels d’accompagnement humain, enseignants à tous les niveaux, transports, hébergements et d’autres dispositifs dans une logistique colossale ont voulu que le budget de l’éducation se place aux cimes des dépenses de l’État. En contrepartie, une large partie d’une génération montante accompagnée par la responsabilisation parentale aura à se dépenser pour la construction de l’Algérie de demain. Lourde, l’œuvre nationale n’est pas simple dans un monde subissant des brisures variées et multipliées obligeant les États et les sociétés tenus d’abord à affronter les importants préliminaires des nécessités pressantes du présent. Partout la densité de l’emploi fléchit et les faillites des entreprises s’additionnent pour que les préoccupations humaines se figent dans le terre-à-terre et demeurent rivées sur la désolation de la quotidienneté de l’ordinaire. Nos nouveaux étudiants universitaires ont cependant réussi à acquérir la symbolique d’un diplôme leur permettant de faire valoir une contenance sociale. Avec l’aide considérable de l’État, il leur restera à la faire fructifier par des efforts considérables pour vaincre le terrain du combattant qui les attend. C’est qu’aujourd’hui, le diplôme ne suffit plus pour se frayer un chemin heureux dans la vie. Les sacrifices et le génie positif seraient nécessaires pour venir à bout des mailles des difficultés d’existence du moment. Tous les Algériens ont fini par comprendre que l’université n’a pas vocation à produire des diplômés chômeurs et que l’heure est au retroussement des manches et à l’acquisition d’un réel savoir-faire.