L’extrême droite française et une histoire répétée
En pointant le nez, la présidentielle française hale dans la campagne électorale menée en s’accélérant et tambour battant, un hématome politique susceptible de ...
Le débat sur l’immigration s’est élargi et ne s’arrête plus à la clandestinité des migrants, mais prend des tangentes inquiétantes axées ces derniers jours sur la priorité accordée aux Français pour les logements HLM. Le tir de barrage est fomenté, avec une insistance soutenue, par le parti d’extrême droite de Marine Le Pen. Les autres partis politiques, quant à eux, font mine de ne pas saisir la réelle consistance de la volonté lepéniste en élargissant le débat à la politique sociale générale française par crainte de perdre une frange de l’électorat. La gravité des intentions de l’extrême droite est dans la confusion et l’amalgame préconçus pour redéfinir le profil identitaire des nationaux. Cela s’appelle indubitablement du racisme. Le même que celui mis à l’honneur avec minutie par le fascisme en son temps. Ce n’est pas encore dit, mais il devient clair que la fille du fondateur du Rassemblement National et ses lieutenants, à travers leurs déclarations de campagne, ont programmé de mettre en œuvre une fracture entre les Français de souche et les nationaux de racines étrangères. Jusqu’au-boutisme de la refonte de la constitution française. Une évidente similitude entre la démarche nazie d’avant-guerre et le programme de la favorite à la présidentielle voit le jour pour que l’histoire se répète. Bien qu’ils s’en défendent à demi-mots en déclarations évasives, il ne s’agit en vérité dans cette histoire de logements HLM que de déloger les Français d’origines étrangères des habitations occupées légalement. Les extrémistes de droite n’avaient probablement pas besoin de forcer la dose xénophobe puisqu’il est de notoriété que les Mohamed et les Koulibaly sont indéfiniment victimes de leurs faciès quand ils se présentent pour une location d’appartement. On devine déjà les vrais tenants d’un programme renvoyant à des signes d’identification cousus sur la poitrine. Dans sa tombe, Philippe Pétain doit rire sous cape.