L’Europe se tord le cou

La poussée de l’extrême droite allemande ne manque pas de provoquer une panique visible dans des larges franges politiques européennes.

Les sociétés du Vieux Continent, elles, observent une prudence provisoire non sans laisser entendre qu’elles sont tentées d’adhérer à un pouvoir prévisible aux mains des extrémistes de droite. Le virage naissant, pris aujourd’hui par l’Allemagne n’est pas à prendre à la légère parce qu’il n’est ni passager ni circonstanciel. Le présent cafouillage des partis aux couleurs opposées et aux programmes politiques d’une vacuité criarde sinon d’une indicibilité soupçonnable est une preuve de la profondeur d’une crise économique et sociale européenne. Peu de pays y échappent encore ou ont pu se dépêtrer du cap mis sur les extrêmes par toute l’Europe qui donne l’impression de se tordre le cou. La démocratie comme l’entendait l’Occident perd pied. Elle tend à imposer le revers de sa médaille pour laisser planer de persistantes odeurs de nouvelles dictatures. Le spectre des années 30 se redessine avec la mise en avant de la haine contre les peuples. Les gouvernants comme les prétendants à la prise du pouvoir n’ont que le dos des migrants à battre comme ressources. La xénophobie et le racisme sont devenus le seul argument à présenter aux électeurs qui, de guerre lasse et faute de solutions à leurs déboires, se prêtent aux vents pour s’orienter vers le chaos. L’heure est à la gonflée des budgets militaires au moment où les populations sont étranglées par des soucis de subsistance, les poussant à reprendre lien avec une ère historique dévastatrice. Bien sûr, on accusera aussi quelques puissances sous les projecteurs en ce moment et le dérèglement de la nature d’être eux aussi à l’origine de la corrosion sociale vécue. Mais la poussée des extrémistes avait commencé bien avant les turpitudes de la nature. C’est ainsi que s’est produite au début du 20ème siècle la renaissance du fascisme et du nazisme.