L’âge d’une nation se mesure en siècles
1962-2026. Soixante quatre ans nous séparent du premier jour de la souveraineté arrachée par la nation algérienne.
Mais l’âge d’une nation ne se mesure pas en années mais en siècles et en multiples décennies pour inventorier ses avancées et ses progrès en procédant au gommage conséquent des accrocs qui ont jalonné son parcours. Il a fallu des siècles et des siècles pour que des Etats bâtissent leurs puissances et érigent des civilisations dominantes, performant des arts innombrables, des technologies, des savoirs et des savoir-faire indéniables. L’on se rend compte cependant dans l’heure que les acquis arrachés avec l’intelligence ne voilaient jamais une visible vulnérabilité qui met en péril les grandeurs bâties. La nécessité de la lutte pour le progrès est une permanente exigence. Et la marche de la nation algérienne depuis le recouvrement de son indépendance, l’a elle aussi prouvée. Depuis le 5 juillet 1962, des lignes droites et des virages escarpés, il y en a eu. Souvent dans la satisfaction. Parfois dans la douleur et le regret. Sauf que l’Algérie, fidèle à l’engagement pris par ceux qui ont offert leurs vies pour donner un sens à la dignité humaine, n’a eu de cesse de démontrer que la politique sociale était une science exacte. Dans un monde tel qu’il est fagoté aujourd’hui, cette lutte reste infinie pour que la nation algérienne se préserve des grands aléas qui n’épargnent plus que quelques pays. La faim et la misère se propagent dans le monde entier et les Algériens, pour peu qu’ils s’arment d’humilité, ont le droit de s’enorgueillir d’une grande satisfaction pour constater qu’aucun des leurs ne marche pieds nus et qu’aucun autre ne meurt de faim. Ce n’est pas peu, même si certains aigris à la moue trop aisée, face à ce constat, trouvent matière à ricaner.