FIFA, sport et politique
La grande brouille actuelle au cur de la FIFA est tout sauf un mélimélo passager.
A travers les bras de fer entre les fédérations continentales supposées essentiellement sportives, une transposition en son sein de la vie politique mondiale est décelée, laissant statuer que le sport fait partie des importants ressorts de la géopolitique. On savait déjà que le fédéralisme sportif du monde nétait pas à labri de tous les soupçons. Sauf que les batailles rangées et le tiraillement des idéologies sy déroulaient dans la discrétion et que la corruption et lécoulement de largent compromettant seffectuaient sur des terrains non homologués. Aujourdhui, le président de la Fédération internationale de football Gianni Infantino est à la parade pour confirmer quil est le pilote dune organisation mondiale mise elle aussi dans le sérail des grandes et hautes associations devant être mises au pas. Elle doit répondre au mot dordre de la puissance dominante. La FIFA, véritable ONU dun sport majestueux, est aujourdhui au centre dun fort tiraillement où chaque fédération membre tente de tirer son marron du feu. Chacune, au nom de sa vision des conformités ne cache plus une hargne devenue militantisme politique. En attendant, le président de la FIFA parade aux côtés du tout nouveau président de la Colombie, milliardaire et grand adepte de lextrême droite et proche fidèle de Donald Trump. La présence précipitée dInfantino en Colombie pour assister à linvestiture du tout frais président colombien est un message on ne peut plus clair sur le futur du reste à venir. Avec la montée au pouvoir des extrêmes droites en Amérique Latine, la CONMEBOL tend à lépauler. Les Africains comme de coutume la suivront. Les Européens au contraire aiguisent leurs armes en menaçant de boycotter le fédéralisme désarçonné dun sport où largent et la politique ont acquis la primeur. w Ainsi, ce qui nétait hier que peu apparent dans le monde sportif est maintenant dans une parfaite nudité à limage de lensemble de la fédéralité planétaire. Au bout, on retrouvera encore une fois lactuel président des Etats-Unis.