Consciences départagées
Deux événements survenus cette semaine interpellent une inévitable réflexion.D’un côté, un démon camionneur, pris de folie subite envahit un trottoir en appuyan...
D’un autre, à des centaines de kilomètres plus loin, un jeune homme, avec une témérité spectaculaire et en araignée époustouflante escalade dix étages d’un immeuble et arrache deux enfants d’un incendie catastrophique. Le premier donne la mort à un innocent de passage. Le second assure et garantit deux vies. L’écart dans l’explication des deux faits, plus qu’il ne laisse médusé, offre un jugement sur la société où le bien et le mal s’associent pour confirmer que l’héroïsme et la tragédie se mêlent dans le parcours de la vie du pays. Départager dans les consciences le perçu mélangé des drames et des joies en cette ère de crises et de mal-vie mondiales est une équation avec ses multiples inconnues impossibles à résoudre. Les traumatismes vécus par le monde entier laissent seulement penser que les failles sociales laissent des traces négatives et indélébiles chez les vivants. Les uns les affrontent avec conscience et recul, d’autres plus vulnérables perdent pied et raison. Les râles peuvent être prolixes ici et là ou dans les ailleurs lointains où ils sont assourdissants. D’évidence tout n’est pas rose en Algérie. Le pays a lui aussi son côté cour et son côté jardin. Mais ce qui est indéniable est que les Algériens sont autrement mieux lotis que des populations où les gangrènes sociales sont très prononcées. Les élans et les mouvances suicidaires humaines, nés de la décadence économique et civilisationnelle n’ont pas cours dans les villes et les campagnes algériennes. La faim et la misère ne se faufilent pas dans les demeures comme elles se manifestent parfois avec outrance dans des pays étrangers en grand nombre. C’est que le privilège est toujours accordé à la solidarité et à la bravoure pour permettre à un citoyen bien né d’escalader un immeuble pour sauver des vies.