Canicule, justice et humilité
Des climatologues estimaient sans certitude que le monde prendrait un autre visage en 2050.
Ils ne savaient pas que le temps se rétrécissait à la faveur du réchauffement climatique et que les décennies se mesuraient en heures et en jours. La fournaise de la canicule actuelle et les colères des cieux démontrent que les points cardinaux s’inversent soumis à des catastrophes naturelles contraignant les continents à modifier leur profil. Le Nord souscrit en ce moment à une autre mode de confinement. Ses populations n’ont jamais été autant à la recherche d’abris. Le Sud s’est inscrit dans les déluges et les noyades pour que soit avouée une indéfinie reconfiguration du globe. L’ère géologique actuelle est sûrement en mue. La verte Europe s’assèche laissant présager une désertification catastrophique suivie d’une autre large dépendance à la nécessité et au besoin. Jamais l’agriculture européenne n’a été ainsi torturée. Quarante degrés et plus à l’ombre pour soupçonner l’arrivée de la naissance de nouveaux Ténérés ! Le Covid et les crises successives n’ont pas suffi d’infliger des désarrois. On accusera l’Homme d’être l’auteur d’un suicide duquel il s’est attaché depuis la nuit des temps. On ne tient que peu compte de la versatilité de la nature qui a toujours le dernier mot. Dans cette grande histoire de l’humanité, à cause de l’encombrement rigide du temporel, une importante leçon est occultée. La vulnérabilité et la faiblesse humaine n’expliquent pas à elles seules l’indocilité de la nature. Sa marche forcée est inaltérable pour qu’en permanence, elle rappelle avec insistance que la terre n’est ni éden, ni paradis. On peut certainement lutter contre le dérèglement climatique. Mais il est indiqué que la bataille est perdue d’avance. S’inscrire dans le climato-scepticisme est une autre histoire. Mais la bataille pourrait procurer un peu de répit pour peu que l’on s’arme d’humilité et de justice largement partagée.