Ben Salmane, un mur qui dérange

Les rebelles houthis ne feraient-ils pas une grave erreur en s’attaquant à l’Arabie Saoudite ?

Plus que les répercussions négatives qu’engendrent leurs attaques sur les sites pétroliers et leurs conséquences sur l’économie mondiale, les bombardements actuels des rebelles yéménites sont portés à un des rares Etats arabes qui contrarie l’hégémonie sioniste dans le sous-continent moyen-oriental. Ryad a souvent été accusé à tort de duplicité. Que de forts griefs lui ont été adressés. Entre le vrai et le faux, elle s’est tenue finalement à n’accorder la priorité qu’à la raison d’un État conscient de la lourde et délicate responsabilité assumée. Dans tous les cas, elle s’est débarrassée du profil flasque qu’entretiennent la plupart des monarchies arabes. Or jusqu’ici, elle a su faire front face à la stratégie israélienne en refusant de se soumettre à l’accord dit d’Abraham. En s’opposant à l’englobement et à l’avalement programmés par Washington et Tel-Aviv, l’Arabie Saoudite demeure d’évidence un des acteurs arabes principaux en forte capacité de permettre le recouvrement d’un Etat souverain et indépendant par le peuple palestinien. Elle en a les moyens et elle a à sa tête un jeune prince ayant prouvé jusqu’ici une maîtrise de l’art diplomatique. D’évidence, le Front de non-reconnaissance de l’Etat sioniste a été sérieusement affaibli au cours de ces dernières décennies. On sait ce qu’il est advenu de l’Irak, de la Libye, et l’on devine déjà le chemin que prendra la Syrie pour comprendre que Mohamed Ben Salmane dérange les plans établis par les pouvoirs américains et israéliens. Le mur qu’il érige aujourd’hui, affaibli ou disparu d’une manière ou d’une autre, constituerait une aubaine pour l’accomplissement de la stratégie sioniste. Les provocations continuelles que subit l’Arabie Saoudite de la part des Emirats arabes ne constitueraient somme toute que des opérations réfléchies et programmées téléguidées par les Israéliens.