«Automne européen» ?

Les manifestations en France font tache d’huile en Europe. La mèche allumée en France, en ce mois d’octobre 2026, s’est propagée à plusieurs pays européens, sou...

Les manifestations en France font tache d’huile en Europe. La mèche allumée en France, en ce mois d’octobre 2026, s’est propagée à plusieurs pays européens, sous le mot d’ordre « faisons comme en France », alimenté par le partage viral d’images de confrontations sur les réseaux sociaux. Cela rappelle un peu le « printemps arabe », cette vague de soulèvements populaires, de manifestations et de révoltes survenue dans le monde arabe à partir de décembre 2010, avec comme point de départ la Tunisie, avant de faire tache d’huile dans le monde arabe à la suite. Peut-on dans cet esprit parler d’un « automne européen » ? Le mot peut paraître fort, pour certains, mais la réalité pousse à reconnaître les similitudes. Le recoupement des revendications entre ces mouvements (printemps arabe et automne européen) et les mots d’ordre des manifestants en ces temps-là et aujourd’hui, qui ne sont certes pas totalement identiques, mais qui se rencontrent dans quelques traits, particulièrement quand on parle de difficultés socioéconomiques, invitent à faire le parallèle. On voit même se briser ce trait démocratique et cette liberté d’expression voler en éclats chez les gouvernements européens, « contraints » de recourir à la force pour contenir la contestation. En France, en sus des centaines d’arrestations, il a été décrété le couvre-feu et l’interdiction de manifester dans certaines régions, et en Italie, le gouvernement de Meloni a déployé 500 militaires à la suite des journées de mobilisation et des violences urbaines. En Belgique, des lycéens, étudiants et syndicats manifestent depuis début octobre contre la hausse des frais d’inscription universitaire et les mesures d’austérité, et des heurts sont signalés. La Grèce, qui n’échappe pas à cette traînée de poudre, vit des heures très difficiles. Des manifestations massives ébranlent également les gouvernements en Espagne et au Portugal, où la crise du logement et des loyers élevés donne lieu à des appels à élargir le mouvement. À Tirana (Albanie), des milliers de jeunes manifestent contre la corruption, les conditions universitaires dégradées et réclament la démission du chef du gouvernement. L’Autriche rejoint le bataillon, avec des dizaines de milliers d’étudiants qui ont manifesté ce jeudi contre le manque de moyens des universités. À vrai dire, les motifs des manifestants à travers l’Europe, qui se recoupent autour de la cherté de la vie et de l’inflation, comme les coûts de plus en plus insupportables de l’énergie, de l’alimentation, ainsi que l’envolée des loyers et des frais d’études supérieures, incitent à parler d’« automne européen ». Demain, bien sûr, on ne sait pas comment vont évoluer ces mouvements sociaux, pour confirmer ou infirmer la comparaison qui s’impose de par quelques angles en l’état actuel des événements.