Alger

Comment restaurer le patrimoine forestier ?

Des chercheurs et experts ont plaidé, dimanche à Alger, pour le renforcement du suivi scientifique du patrimoine forestier et la mise en œuvre d’interventions r...

Comment restaurer le patrimoine forestier ?
Lors d’un séminaire consacré à la foresterie, organisé à l’Ecole nationale supérieure agronomique (ENSA), les communications ont notamment porté sur le diagnostic des écosystèmes forestiers dégradés, le recours à la géo-intelligence artificielle pour orienter les interventions post-incendies, ainsi que la préservation des milieux naturels et l’encadrement de la fréquentation des espaces forestiers. Dans ce cadre, la Pr Nassima Yahi, du laboratoire d’écologie végétale et environnement de la faculté des sciences biologiques de l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), a insisté sur la nécessité de renforcer le diagnostic des écosystèmes forestiers, notamment à travers les inventaires phytoécologiques, pour suivre leur évolution, cartographier les zones dégradées et identifier les secteurs vulnérables. Dans sa communication intitulée "Du diagnostic aux solutions : restaurer et pérenniser le patrimoine forestier algérien", la chercheuse a également préconisé la préservation de la flore patrimoniale, notamment le cèdre, la restauration des habitats dégradés et la création de micro-réserves. De leur côté, le directeur du laboratoire de recherche Conservation, gestion et amélioration des écosystèmes forestiers de l’ENSA, Mohamed Saadaoui et le Dr Ahmed Cherif Rahmani, de l’université Yahia-Farès de Médéa, ont mis en évidence les conséquences des incendies, qui ne se limitent pas à la destruction du couvert végétal, mais touchent également les sols, les ressources en eau et la valeur économique des forêts. A cet égard, ils ont souligné l’intérêt de la géo-intelligence artificielle (GéoIA), qui combine les images satellitaires, les données géographiques et l’intelligence artificielle pour localiser les zones les plus exposées à l’érosion et hiérarchiser les interventions. Ces outils permettent notamment de croiser les données relatives à l’intensité des incendies avec celles concernant la pente des terrains et leur proximité des cours d’eau et des barrages. Les chercheurs ont toutefois relevé la nécessité de confronter les résultats obtenus aux observations et aux analyses de terrain. Pour sa part, le Pr Zoubir Boubaker, de l’ENSA, a évoqué les différentes pressions exercées sur les espaces forestiers aux niveaux mondial et national, citant notamment les incendies, les coupes illicites, le surpâturage, les ravageurs et les maladies favorisées par les changements climatiques. Il a mis en garde contre les effets d'une fréquentation excessive de ces espaces, soulignant que l’écotourisme doit reposer sur la maîtrise du nombre de visiteurs et l’implication des populations locales.