Vers la création d’un nouveau G5 ?

Ça bouge au Sahel. On croyait que le ‘G5 Sahel’ était mort et définitivement enterré dans le sillage des événements qui ont redessiné les nouveaux contours sécu...

Ça bouge au Sahel. On croyait que le ‘G5 Sahel’ était mort et définitivement enterré dans le sillage des événements qui ont redessiné les nouveaux contours sécuritaires après le retrait successif du Mali (15 mai 2022), du Burkina Faso et du Niger (2 décembre 2023) de ce groupe pour former l’Alliance des États du Sahel, puis l’annonce officielle de sa dissolution par la Mauritanie et le Tchad, mais certains signes très récents semblent indiquer qu’il existe une volonté pour former une nouvelle alliance dans le même cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Et, c’est la Mauritanie qui a initié les premiers pas vers la reconstitution de cet espace visant à améliorer la coordination des activités de sécurité et de défense entre les États de la région sahélienne. Dans ce contexte, le ministre mauritanien de la Défense, Hanena ould Sidi, a effectué à la mi-juin une tournée marathon dans quatre pays du Sahel, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad, pour discuter officiellement de questions relevant de la sécurité et de la coopération régionale avec les chefs d’État des quatre pays, ceux-là mêmes qui ont créé avec la Mauritanie le groupe du G5 Sahel en 2014. Même si on ne parle pas ouvertement d’une relance de l’organisation dissoute, on ne se cache pas de dire que l’harmonisation et la coordination des actions de la lutte contre le terrorisme, pierre angulaire du fondement du G5 Sahel, sont au cœur des discussions entre les responsables des cinq États. La France, avant de plier armes et bagages, était engagée dans les actions antiterroristes au Sahel avec une présence militaire importante dans les pays de la région, et il n’est pas exclu qu’elle cherche à se repositionner dans le nouvel échiquier à travers cette initiative de la Mauritanie. Notons que le président mauritanien a effectué une visite à Paris deux mois avant la tournée de son ministre de la Défense dans les pays de la région sahélienne. Lors de sa visite en France, le 17 avril dernier, le président mauritanien a eu des discussions avec le président français centrées sur « la coopération sécuritaire au Sahel, la migration et le renforcement des partenariats économiques entre les deux pays », selon les comptes rendus des médias français. Les mêmes sources ont relevé qu’en matière de sécurité, la Mauritanie est présentée par la France comme un partenaire clé pour la stabilité régionale, et les deux présidents ont insisté sur la nécessité d’un partenariat renforcé face aux menaces djihadistes et aux trafics. Enfin, les propos du président Macron lors de cette visite, qui a soutenu qu’« au sein d’une région sahélienne déstabilisée, la Mauritanie prend ses responsabilités », résument une volonté de la France d’opérer un retour par une nouvelle fenêtre. Ce n’est pas seulement la France qui s’intéresse à cette région riche en minéraux et en or. Les États-Unis, la Russie, la Chine sont tous intéressés par les opportunités offertes par le sous-sol sahélien. Et, ces derniers temps, Israël ne cache pas ses ambitions de trouver un terrain d’accrochage dans la région. Bien sûr, quand on parle d’Israël, le Maroc et les Émirats arabes unis ne sont jamais loin.