Une vérité crue

Le dossier du Sahara occidental est placé au-devant de la scène internationale en ce mois d’octobre.

Le dossier en question occupe depuis de longues années, voire depuis des décennies, le devant de la scène internationale, de par sa nature liée à une honteuse (pour la communauté internationale) histoire de décolonisation que d’autres parties cherchent à noyer dans le fait accompli. Sans y arriver vraiment, parce qu’il continue encore de susciter de vifs débats. Et, en cette fin d’année 2026, on s’active plus que tout autre temps pour le plier définitivement à l’occasion d’une résolution qui sera conclue le 31 octobre par le Conseil de sécurité. Il y a une année, le 31 octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité n’a pas tranché dans le vif du sujet. La résolution 2797 a prolongé la mission de la Minurso (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) d’une année (arrivant à terme ce 31 octobre), et ce à l’ombre de négociations politiques engagées en parallèle entre le Maroc et le Front Polisario. Et la question qui se pose aujourd’hui est de savoir où en sont arrivées ces négociations. Si les choses ont fait du surplace, il faut encore temporiser pour en voir l’issue. Toute solution au dossier passe par cet aboutissement des négociations entre les deux parties, le Maroc et le Front Polisario. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si la situation est orientée vers une décision qui ne tient pas compte de l’avis du Front Polisario et des Sahraouis, pourquoi parler de négociations ? Le pont qui serait fait sur le dos du Front Polisario, dans le cas d’une solution qui ne tiendrait compte que d’un seul avis, serait très fragile. Une fragilité qui menacerait les équilibres dans toute la région. C’est le message que tente de faire passer l’Algérie, en tant que pays observateur dans les négociations en question. Et, pour bien marquer ce point, les hautes autorités du pays l’ont fait entendre à l’opinion internationale. À la veille de la résolution du Conseil de sécurité, attendue le 31 octobre prochain, le Président Tebboune a clairement signifié que le sort des Sahraouis est entre leurs mains et l’Algérie sera toujours fidèle à ses principes, elle sera toujours à leurs côtés, a déclaré le président de la République lors de la récente entrevue avec les médias locaux. Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a réaffirmé les positions de l’Algérie en faveur des causes justes devant les représentants des États du monde, réunis dans le cadre des travaux de la 81e Session de l’Assemblée générale des Nations unies, notamment son engagement, au début de cette année, dans une démarche visant à contribuer à l’élaboration d’une solution politique durable et juste à la question du Sahara occidental. L’Algérie suit avec beaucoup d’étonnement, mêlé à une préoccupation légitime, les tentatives visant à détourner la question du Sahara occidental de son essence, c’est-à-dire de son caractère de question de décolonisation, pour la réduire à une simple question de réfugiés sahraouis, qui sont en fait « les dépositaires d’une cause juste et les défenseurs d’un droit originel à l’autodétermination ». Une vérité crue.