Une Assemblée fracturée
Les divisions sur la scène mondiale se sont exprimées fortement ces dernières années aux assemblées générales de l’ONU mais cette 81e Assemblée, qui se tient à ...
Les divisions sur la scène mondiale se sont exprimées fortement ces dernières années aux assemblées générales de l’ONU mais cette 81e Assemblée, qui se tient à New York du 22 au 28 septembre 2026, a exposé des fractures inguérissables sans nouveau remède qui remettrait d’aplomb une organisation dépassée par le temps et les événements. Le premier remède indispensable reste sans doute la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, immuable depuis 70 ans. Une réforme plaidée par son secrétaire général, qui a insisté lors de ce rendez-vous diplomatique planétaire à propos d’un siège permanent de l’Afrique au sein du Conseil. Mais cela suffirait-il à changer un statu quo qui exige bien plus qu’un siège pour l’Afrique ? Est-ce pour cela que les chefs d’Etat africains ont boudé cette Assemblée en déléguant des représentants pour les remplacer ? Et, il n’y a pas que les chefs d’Etats africains qui brillent par leur absence, d’autres dirigeants européens comme le Chancelier allemand et la Première ministre italienne, qui ont pour une raison ou une autre évité cette Assemblée. Les raisons avancées par les absents sont diplomatiques, mais cela laisse clairement voir qu’on n’accorde plus autant de crédit à une Organisation dont les recommandations ou les décisions restent encore sur papier. Les dirigeants de trois puissances mondiales, en l’occurrence les Etats-Unis, la Chine (dont le déplacement de son leader s’inscrit plutôt dans le cadre d’une visite d’Etat aux Etats-Unis), et la France, ont choisi eux de marquer de leur présence cette Assemblée générale, mais sans convaincre d’une possibilité d’accord autour des nombreux dossiers qui les divisent. Lors de cette 81e Assemblée générale de l’ONU, chaque Etat y va de son discours, parfois aux antipodes de ce que dit l’autre, voire en conflit violent avec l’autre, ne voyant la vérité qu’à travers la petite lucarne de l’intérêt étroit qui se limite aux frontières de chaque Etat. Enfin, quel discours peut bien rapprocher des visions israéliennes, que ne partagent plus leurs plus proches alliés (français et anglais), et iraniennes, qui ne trouvent pas d’écho favorable ? Les observateurs sont unanimes là-dessus, la 81e Assemblée générale de l’ONU a mis en exergue des fractures béantes entre les dirigeants mondiaux face aux crises qui secouent la planète, en parlant des désaccords profonds sur la gestion des conflits majeurs, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine. Les crises sécuritaires qui déchirent le monde, la mission des Casques bleus devenue obsolète dans des environnements qui rejettent la paix, les changements climatiques et leurs conséquences que les grands de ce monde ignorent totalement, ainsi que la recherche vaine d’une réglementation à mettre en place pour encadrer le développement inquiétant de l’intelligence artificielle, ne sont pas en reste d’un monde qui refuse de rééquilibrer sa trajectoire.