Un second souffle
Dix ans après l’Accord d’Alger, qui a marqué un tournant stratégique pour le marché pétrolier, notamment à travers la création de l’Opep+ (en associant pour la ...
Dix ans après l’Accord d’Alger, qui a marqué un tournant stratégique pour le marché pétrolier, notamment à travers la création de l’Opep+ (en associant pour la première fois des pays non-membre du cartel, comme la Russie, à la régulation de l’offre mondiale) et la décision des coupes dans la production collective pour la ramener entre 32,5 et 33 millions de barils par jour, un second souffle s’impose pour faire face aux nouveaux défis. La visite en Algérie du Secrétaire général de l’Opep, Haithem Al Ghais, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration du 10e anniversaire de l’Accord historique d’Alger (conclu le 28 septembre 2016), dépasse largement l’aspect commémoratif. Comment peut-il en être autrement quand les défis auxquels fait face l’organisation sont plus grands que ceux qui prévalaient en 2016. Car si en 2016 le mal était diagnostiqué, en l’occurrence un marché pétrolier qui a connu un basculement majeur après une grave crise de surproduction, qui a conduit à l’accord historique de régulation des prix à travers les coupes de production, en associant de nouveaux partenaires, dont la Russie de par son importante production, qui ont permis une remontée progressive du prix du baril, aujourd’hui, en 2026, la situation est enveloppée d’un épais brouillard qui ne permet pas encore de voir assez clair pour prendre les décisions adéquates. De nombreux facteurs se chevauchent pour créer le flou, les divisions et entraîner une paralysie des initiatives. Le marché mondial de l’énergie se caractérise par une restructuration en marché forcée le guidant ou tentant de le mettre hors de portée de l’influence de l’Opep+. L’enjeu est de chercher comment garder la cohésion des rangs au sein du cartel que certains veulent désintégrer de l’intérieur ou déstabiliser toute l’organisation en faussant tous ses points de repères, notamment à l’ombre des fractures géopolitiques majeures. Les pays du Golfe, principaux producteurs – exportateurs de pétrole, se retrouvent dans un environnement qui ne leur permet plus d’honorer leurs quotas en livraisons de pétrole et de gaz depuis l’éclatement de la guerre menée par les Américains et les Israéliens contre l’Iran, aggravée par la persistance des tensions au niveau du détroit d’Ormuz. Cela fait craindre un dérèglement entre l’offre et la demande pour l’avenir, et ce au-delà de toute solution au conflit au Moyen-Orient. Si la paix s’installe, les pays du Golfe vont accélérer la production pour rattraper leur retard en livraison des quotas en attente et répondre à la demande financière interne afin de réaliser de nombreux projets très coûteux. Sans parler du ralentissement d’une demande mondiale due à la faiblesse économique des marchés émergents (notamment en Asie et en Chine), qui risque d’influer gravement sur le prix du baril dans le proche avenir. Certains experts parlent même d’une guerre des prix du baril dans le proche avenir, alimentée par les Emirats arabes unis (qui se sont retirés de l’Opep pour ne plus avoir à respecter la politique des quotas de production) et leurs sponsors. L’Opep est à la croisée des chemins, adopter une nouvelle stratégie pour avoir toujours en main le levier de l’approvisionnement du marché ou subir le diktat de ceux qui veulent un baril à moins de 50 dollars.