Les causes ignorées des migrations

L’Union européenne (UE) ne trouve pas un terrain d’entente entre ses membres sur le dossier de l’immigration.

Le dossier est source de division depuis toujours au sein de l’UE, et cela a encore été prouvé lors du dernier sommet à Bruxelles, tenu les 16 et 17 octobre. Les 27 membres de l’UE vivent à différents degrés cette crise migratoire, mais cette fois-ci le débat a été concentré sur la crise migratoire à Ceuta, survenue fin juillet 2026, avec l’arrivée de dizaines de milliers de migrants franchissant la frontière depuis le Maroc, avec des tirs croisés ciblant la politique d’accueil de Madrid, en l’occurrence le projet du gouvernement de Pedro Sánchez de régulariser 600 000 sans-papiers. Trois pays en particulier, le Danemark, l’Italie et la Pologne, ont réclamé un durcissement de la position collective de l’UE. Comme si le problème se résumait à la crise migratoire survenue à Ceuta. Pourtant, on sait qu’il s’agit d’une facette de la crise, qui peut survenir n’importe où aux frontières de Schengen. Que faire ? Toutes les tentatives engagées ces dernières années dans l’objectif de durcir la position de l’UE face aux migrants, toutes catégories confondues, notamment les migrants clandestins, ont essuyé des échecs cuisants sur le terrain. Cela a constitué une grave menace sur la libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen, à l’exemple de l’Italie qui a imposé le contrôle à ses frontières avec l’Espagne (ce dernier pays a immédiatement appliqué la réciprocité), et ce au lendemain de la crise migratoire à Ceuta. Certains pays européens affichent leur volonté de durcir leur politique migratoire, mais la réalité impose souvent sa raison. Nombre de ces pays se trouvent confrontés au vieillissement de leurs populations, et sont contraints d’accepter de nouveaux arrivants pour faire tourner leurs économies, notamment. D’autres, géographiquement positionnés dans les limites de l’espace Schengen, qui se trouvent ainsi au front d’accueil des migrants, exigent des aides financières conséquentes de l’UE pour faire face aux vagues de migrants. Chacun y va de sa vision concernant cette politique migratoire, selon ses intérêts propres, qui ne sont pas toujours partagés par tout le groupe. Les conclusions ont renvoyé dos à dos les pays qui prônent un durcissement de la politique migratoire et ceux qui penchent vers des gestions moins dures de ce dossier. Dans ce sens, le Conseil européen a réaffirmé sa «solidarité avec l’Espagne» et a renvoyé le débat sur le dossier migratoire à une prochaine réunion. Sans attendre une solution miracle tant que les causes profondes qui poussent les populations vers les voies dangereuses de la migration, dont le malaise socio-économique, ne figurent au cœur de la recherche d’une solution acceptable pour tous.