Les causes ignorées d’une sécheresse
La sécheresse qui marque l’année en cours est historique.
Du coup, l’approvisionnement des ménages en eau potable subit de plein fouet les conséquences de ce stress hydrique. Ainsi, des restrictions simposent en matière de distribution deau potable afin de préserver les sources dapprovisionnement des foyers, de plus en plus faibles à cause du déficit pluviométrique. À entendre ces sonneries dalarme, on croirait quon parle dun pays africain, de l’Afrique du Nord jusquen Afrique du Sud, des régions où le manque deau potable se conjugue au quotidien pour de larges pans de la population, notamment durant les périodes de grandes chaleurs où l’eau se fait très rare. Cest toujours valable pour certains pays africains, habitués au stress hydrique, mais la sécheresse dont on parle aujourdhui, en cette année 2026, touche l’Europe occidentale où la soif commence à se faire sentir par les populations. Ce qui était impensable il y a quelques années devient une réalité à laquelle il faut bien shabituer à l’avenir. Une partie importante de l’Europe subit une sécheresse exceptionnelle cet été, marquée par des canicules à répétition et un manque de pluie. Des fleuves majeurs comme le Rhin et le Danube atteignent des niveaux historiquement bas, pesant lourdement sur l’agriculture, la production dénergie et le transport fluvial de marchandises, avec des cours deau au plus bas enregistré par le Rhin et le Danube. Limpact de cette sécheresse historique sur l’environnement et léconomie est tout simplement catastrophique quand on parle de plusieurs centrales nucléaires et thermiques (notamment en Roumanie et en Europe centrale) qui ont dû réduire ou suspendre leur production faute deau fraîche pour le refroidissement, dune agriculture fragilisée avec des cultures (maïs, arboriculture, maraîchage) qui subissent des pertes énormes en raison des sols desséchés, et de centaines de milliers dhectares ravagés par les feux dans le sud et louest de l’Europe en raison de la végétation asséchée. Quant aux mesures et réponses politiques engagées par les gouvernements pour faire face à cette sécheresse, on parle de tout, sauf de l’essentiel. On parle des aides durgence que l’Union européenne compte mettre en uvre, à lenseigne de l’assouplissement des règles de la PAC (Politique agricole commune) pour permettre aux États membres de soutenir financièrement les agriculteurs sinistrés et de limitation de lusage de leau potable, dont on commence à prendre la mesure du qualificatif de précieux liquide, pour larrosage et les activités non essentielles, interdisant jusquau remplissage des piscines, et de stratégie à long terme pour développer des plans de résilience pour moderniser la gestion de leau et limiter le gaspillage dici 2030. Sans parler, malheureusement, des causes qui ont provoqué cette sécheresse inhabituelle dans des pays réputés loin des risques qui pèsent sur l’Afrique. Le réchauffement climatique ? On laisse le débat sur la question aux forums et aux COP pour faire payer tout le monde, les pays les moins pollueurs plus que les pays pollueurs, en l’occurrence les pays industrialisés qui ne veulent pas toucher aux racines d’une pollution qui fait tourner leurs usines et leurs économies. Mais le réchauffement climatique les rattrape, déjà, ainsi que le risque dune impossibilité de redresser la situation, quand il sera trop tard, dans quelques années.