L’être humain derrière le volant
Hécatombe sur les routes en ce mois d’août.
Des accidents tragiques, où des chauffeurs de bus transportant des vacanciers et des travailleurs sont mis en cause, ainsi que l’état mécanique de ces moyens de transport, ont choqué l’opinion. Sur les réseaux sociaux, c’est presque la danse sur les cadavres d’opposants qui exploitent les émotions et le deuil pour tomber à bras raccourci sur le gouvernement, coupable à leurs yeux de toutes les catastrophes sur les routes. Sur les réseaux sociaux, dans des posts, chacun y va de son commentaire pas très tendre avec les autorités, mises à l’index pour le manque de pneus, la négligence dans le contrôle de l’état des bus et autres routes mal en point. On croit tenir le bon bout pour exacerber les colères et mettre en difficulté les autorités publiques. Non pas dans un esprit dégagé des rancœurs, voulant bien faire, mais la charge contre les autorités est funeste, tellement le commentaire cherche à responsabiliser une partie contre tout un tas de causes connues et disséquées sans arriver à corriger un état de fait dans lequel la responsabilité humaine dans les accidents tragiques de la circulation est avérée. D’une part, on savait pertinemment, avant que ces accidents ne surviennent, que la situation est dangereuse sur les routes en cette période estivale, où l’Algérie fait face depuis plusieurs années à une recrudescence alarmante des accidents de la route, exacerbée par les déplacements massifs vers les zones côtières et les départs en vacances. Les bilans de la Protection civile s’alourdissent fortement durant cette période, marquant de véritables hécatombes sur les axes routiers du pays. On le savait avant, pourquoi alors réagir comme si personne ne s’y attendait ? Il ne faut pas faire l’ignorant quand les causes réelles qui sont à l’origine des accidents tragiques de la circulation sont diagnostiquées par les résultats des enquêtes des services compétents, à l’enseigne de l’excès de vitesse sur les grands axes et les routes nationales, la fatigue, la somnolence et le manque de vigilance au volant lors des longs trajets, la surcharge des véhicules et des transports en commun (autocars et bus de voyageurs), les comportements dangereux et le non-respect du code de la route, parfois aggravés par le fléau de la consommation de substances psychotropes chez certains conducteurs. À cela s’ajoute le facteur de la période estivale, la pression accrue sur les infrastructures routières en raison des flux importants de vacanciers, qui fait monter la courbe des accidents de la circulation à son plus haut, tout comme au mois de Ramadhan. En tout cas, le facteur humain reste la cause principale de bon nombre des accidents de la circulation. Une vérité que personne ne peut occulter. Cela n’exclut pas dans ce registre, bien sûr, les défaillances mécaniques et autres routes défectueuses signalées comme des points noirs. Pour prendre sérieusement en charge ce dossier, il est donc indispensable de focaliser les recherches de solutions sur cet être humain derrière le volant et d’éviter, surtout, de faire de la politique politicienne en exploitant les émotions sur le dos des morts.