Jordan Bardella ne connaît pas l’histoire

Pas plus d’ailleurs que la géographie, spécialité universitaire qu’il avait abandonnée dès la première année.

Il nie l’accusation portée contre lui par un média pour des propos antisémites abominables prononcés pendant sa jeunesse. Il n’a pas dû apprendre l’histoire. Une bombe politique s’est abattue sur le Rassemblement National après la publication du journal Mediapart rapportant des propos écrits antisémites d’une violence inouïe portant sur des clichés nauséabonds très anciens à propos des juifs. Les nazis en avaient fait une ligne doctrinale, ils n’avaient pas été les premiers. Jordan Bardella réfute les accusations et le parti, notamment sa leader, font bloc autour de lui. Une plainte a été déposée et il n’est pas question de m’engager dans une diffamation illégale en assurant de la véracité des propos. C’est à la justice de l’établir, mais les documents présentés dans une seconde publication rendent difficile la thèse du mensonge. Mais il n’est pas interdit de rappeler des faits, ceux de l’histoire qui sont irréfutables et que le jeune homme de l’époque ne peut nier, soit sa participation à un mouvement antisémite. Jordan Bardella ne savait pas que le Front National et son leader étaient antisémites (entre autres répulsions) ? Il était trop jeune pour le savoir, il n’avait pas de télévision et n’a jamais été au courant de l’histoire de ce pays ? Sa maman non plus, puisqu’elle lui avait signé une autorisation de s’inscrire à ce parti. C’est tout de même étrange pour une mère qui n’a pas prévenu son fils sur les mauvaises fréquentations auxquelles il aurait affaire. C’est un tout jeune garçon, naïf et crédule, qui aurait choisi de militer dans les rangs de l’extrême droite ? Vaillant et désireux d’apporter sa fougue à l’avenir de son pays, il aurait hésité entre le club local de collectionneurs de cartes Pokémon ou l’association des protecteurs du patrimoine ? Non, il a choisi ce qui lui semble le plus en accord avec lui-même, soit la reconnaissance du passé blanc et chrétien comme seul héritage du pays. C’est surprenant qu’on fasse ce choix sans connaissance de ce qui identifie cette idéologie. En fin de compte, Jordan Bardella choisit uniquement ce qu’il ne connaissait pas, comme la licence de géographie. À l’âge de son choix pour l’extrême droite antisémite, on est parfaitement capable de reconnaître ce qu’est l’épouvantable peste noire dans l’histoire (la plus contemporaine, car on pourrait remonter plus loin). Ah oui, c’est vrai, il n’a pas dû être également très assidu dans cette matière au lycée, qui était pourtant obligatoire. C’est décidément une habitude de tout laisser tomber avant de l’avoir terminé [ou terminée, en parlant de l’année/du cursus], comme ses études universitaires. Il aurait su que le leader de son parti avait été dans toutes les poubelles de l’histoire : pétainiste, puis il rejoint ensuite le poujadisme avant d’adhérer aux idées de l’OAS pour enfin fédérer avec tous les anciens de ces gentilles organisations devenues groupusculaires pour former le Front National. Son jeune âge ne pouvait pas lui permettre de savoir que Jean-Marie Le Pen avait été un éditeur de chants nazis. Et ce pauvre petit, emporté par son innocence, se rapproche dans cette mouvance d’extrême droite de ce qui est encore plus d’extrême droite. Il a été relevé que Jordan Bardella a eu des relations avec Alain Soral, un idéologue et essayiste qui avait été condamné pour contestation des crimes contre l’humanité envers les juifs. En 2015, il avait été engagé comme assistant parlementaire notamment par Jean-François Jalkh, un cadre du Front national qui était un négationniste remettant en cause l’existence des chambres à gaz et qui avait rendu hommage à Philippe Pétain. Ces épouvantables personnages font presque de Joseph Goebbels le petit lapin dans Alice au Pays des merveilles. Pour Alain Soral, le Front National est un parti qui a vendu son âme aux gauchistes, c’est dire combien ce petit ange de Jordan s’était fait entraîner par de mauvaises fréquentations qui l’ont poussé vers l’horreur antisémite. Pas plus que le jeune Bardella n’avait été au courant des racines historiques de l’extrême droite française antisémite. Ni les origines contre-révolutionnaires de 1789, ni l’émergence politique des courants nationalistes et antisémites sous la IIIe République. Il n’avait jamais entendu parler de l’affaire Dreyfus ou de l’idéologue Charles Maurras. Il n’était pas né, ce qui excuse son ignorance du régime de Vichy. Tout cela, il ne le savait pas, ce charmant jeune homme des réseaux sociaux qui est devenu une star auprès d’une jeunesse partisane de l’extrême droite qui n’était pas plus que lui aussi futée pour avoir suivi un cours d’histoire. Et c’est lui qui devait être le Premier ministre de la France, celui qui s’est caché sous les jupes de maman Marine lors de la séance face aux journalistes. Je dirais à celui dont le destin devait en faire un Premier ministre de la France : cache-toi, tais-toi et retourne à tes études !