Intérêts géopolitiques et économiques
L’Égypte s’engage à fournir tous les soutiens nécessaires pour défendre la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale de l’Arabie saoudite face aux atta...
L’Égypte s’engage à fournir tous les soutiens nécessaires pour défendre la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale de l’Arabie saoudite face aux attaques des Houthis du Yémen. Dans cette optique, le président égyptien a convoqué une session extraordinaire du Parlement pour approuver formellement un éventuel déploiement ou une assistance militaire de l’armée égyptienne, qui n’a pas encore approuvé cette action, le vote ayant été reporté à mardi prochain, mais peu ou pas de doute qu’il sera favorable à cette action militaire qui se veut strictement défensive (protection des infrastructures stratégiques comme le géant pétrolier Saudi Aramco ou l’aéroport de Ryadh) et ne prévoit pas d’opérations offensives à mener sur le sol yéménite. Notons qu’en parallèle, l’institution égyptienne d’Al-Azhar a lancé un appel officiel à la retenue et à la désescalade entre Saoudiens et Houthis, proposant dans ce sillage la formation urgente d’un comité de médiation et d’apaisement regroupant des personnalités sages issues de différents pays arabes et musulmans pour instaurer un dialogue entre les deux parties. S’agit-il d’une intégration de fait dans le pacte de La Mecque, l’alliance militaire signée le 7 août 2026 par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie et qui devrait rallier d’autres pays musulmans ? C’est possible, d’autant que les trois pays signataires de ce pacte sont d’accord sur le principe d’élargissement à d’autres pays, et que l’Égypte devrait le rejoindre dans la prochaine étape, selon une déclaration du chef de la diplomatie turque. Donc, rien de surprenant à cet engagement égyptien aux côtés de l’Arabie saoudite. Mais il ne faut pas croire que cette «contribution de l’Égypte à la sécurité de l’Arabie saoudite» lui donne l’habit du sauveteur, car en s’engageant dans ce conflit armé, l’Égypte cherche également à préserver ses intérêts. Un regard sur les enjeux géopolitiques et économiques permet de situer les intérêts dans cette zone où semble se jouer l’avenir des équilibres stratégiques régionaux et internationaux. L’intensification des frappes des Houthis risque de menacer la liberté de navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, et une instabilité dans cette zone maritime stratégique menace directement le trafic du canal de Suez, qui représente une source vitale de devises pour l’économie égyptienne. Il y a également ce partenariat stratégique entre l’Égypte et l’Arabie saoudite, notamment le soutien financier de Ryadh au Caire à plusieurs reprises dans les moments difficiles traversés par l’Égypte, qui ne peut pas laisser insensibles les Égyptiens face à un besoin d’aide des Saoudiens. Et on n’a pas encore assisté à un engagement militaire ouvert du Pakistan et de la Turquie, lié par un pacte de défense commune avec l’Arabie saoudite, peut-être parce que la menace en l’état actuel de la situation n’est pas lourde contre la sécurité de l’Arabie saoudite, mais cette probabilité n’est pas à exclure, si elle n’est pas déjà opérationnelle sans grands bruits. Bien sûr, pour les Houthis, il suffit de peu pour bloquer la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, mais le dialogue prôné par l’institution d’Al Azhar reste une meilleure option dans ce conflit entre musulmans.