Candidats pour un poste «sans pouvoir»

Qui sera le dixième secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), en remplacement de M. António Guterres, en poste depuis 2017 et dont le second...

Qui sera le dixième secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), en remplacement de M. António Guterres, en poste depuis 2017 et dont le second mandat prend fin avec cette fin d’année 2026 ? Des candidats, il y en a sept au total, et le fauteuil ne semble acquis pour aucun d’entre eux, pour le moment. C’est que les candidats en lice, à savoir Rebeca Grynspan (Costa Rica), Rafael Grossi (Argentine), María Fernanda Espinosa (Équateur), Carolyn Rodrigues Birkett (Guyana), Virginia Gamba (Argentine), Olara Otunnu (Ouganda) et Macky Sall (ancien président du Sénégal et ex-président de l’Union africaine), ne font pas l’unanimité au sein du Conseil de sécurité. En ce mois d’octobre, connu pour ses intenses activités onusiennes, le dossier de la succession du SG de l’ONU bloque au niveau des membres permanents du Conseil de sécurité. Le veto de la France, de la Russie, du Royaume-Uni, de la Chine, des États-Unis a été opposé contre les candidats en lice. Si l’un est accepté par la Chine, il est refusé par les États-Unis, et si un autre obtient le OK des États-Unis, c’est la Russie ou la Chine qui oppose leur veto… et ainsi de suite, jusqu’à ce que chaque candidat se trouve face au véto de l’un de ces pays membres permanents du Conseil de sécurité, qui possèdent le droit de véto. Ainsi, vendredi dernier, lors du vote indicatif du Conseil de sécurité, tenu à huis clos, aucun des sept candidats n’a pu avoir l’assentiment des cinq puissances mondiales, obtenant au moins un vote négatif de l’une d’entre elles. Cette difficulté de trouver un remplaçant à l’actuel SG de l’ONU traduit les oppositions au sein du Conseil de sécurité, révélant plus que jamais la nécessité de réformer le droit de véto, ainsi que d’autres facteurs qui ont mis à mal cette organisation, à l’enseigne de la multiplication des tensions géopolitiques et de graves difficultés financières. L’actuel SG de l’ONU, qui a passé dix ans à la tête de l’organisation, fait figure des plus pessimistes quant à l’avenir de concert des nations, avouant que la situation va vers le pire sur tous les plans. Que va-t-il se passer maintenant ? Difficile à dire, mais des sources diplomatiques assurent que le candidat du consensus peut venir à tout moment, peut-être hors de ce groupe des sept actuels candidats. À ce stade, tous les pays ont le droit de présenter un candidat. Les mêmes sources rappellent l’élection de M. Kofi Annan, en 1996, qui ne figurait pas parmi les premiers candidats déclarés, arrivant seulement un jour avant son élection au poste de SG de l’ONU. Un poste qui, du reste, demeure sans pouvoir réel. C’est toujours l’actuel SG qui dit qu’il n’a «aucun pouvoir». Du coup, cela fait perdre tout l’intérêt que peut avoir ce scrutin qui s’annonce complexe pour trouver le candidat idéal qui pourrait remplacer M. António Guterres.