Attraits pour le «bio»
L’Algérie se tourne vers l’agriculture « Bio ».
Si en Algérie les principes fondamentaux de ce type d’agriculture ne sont adoptés, jusque-là, que sur des surfaces très réduites, avec près de 4.000 hectares de terres dédiés à l’agriculture biologique, ailleurs, chez les Occidentaux, et les pays développés en général, le label « bio », est le signe d’un respect de l’environnement et d’une alimentation biologique saine, très en vogue chez les producteurs de produits agricoles et sur les étals des commerçants. Ce label est même devenu un gage de succès des ventes des produits agricoles. Mieux encore, le « bio » est une exigence pour une exportation sûre et garantie sans retour des produits agricoles. Ces dernières années, de nombreuses cargaisons de fruits et légumes ont été bloquées dans les ports étrangers et aux frontières des pays importateurs, notamment européens, avant d’être renvoyées vers les pays exportateurs à cause du non-respect des principes de l’agriculture «bio», notamment l’interdiction d’utiliser des pesticides, herbicides et engrais chimiques de synthèse. Le Maroc, particulièrement, en tant qu’exportateur de produits agricoles vers l’Europe, en a payé les frais de cette exigence à travers un retour à l’envoyeur de cargaisons entières de tomates et autres oranges. La recherche d’une présence des produits agricoles algériens sur les marchés extérieurs est certainement derrière cette volonté des autorités d’élargir les surfaces de terres versées dans le « bio » et, surtout, la modernisation du cadre réglementaire de ce secteur, confiée à l’Union européenne à travers un partenariat signé jeudi à Alger. Avec la création d’un label agricole « bio », l’Algérie répondra aux nouvelles exigences de l’Union européenne et pourra exporter ses produits agricoles vers ce marché colossal avec le propre sceau de ses services. Mais, attention, si l’agriculture biologique a des avantages, garantissant notamment l’accès aux marchés extérieurs et le respect de l’environnement, elle véhicule également des inconvénients, dont des rendements plus faibles, un temps de travail accru à travers plus d’efforts dans la gestion des cultures et une surveillance accrue des surfaces cultivées par les agriculteurs, ainsi que des prix plus élevés pour le consommateur qui résultent des coûts de production et des contraintes de certification, sans oublier le temps assez long pour passer d’une exploitation classique au label « bio », qui risque de perturber les engagements dans le sens de l’amélioration de la quantité pour répondre à la demande locale, qui exige d’obtenir de grands rendements dans le court terme en usant d’une mécanisation du secteur et d’engrais. La culture « bio » oui, mais sans lâcher la piste conventionnelle.